Lundi 10 décembre 2007

Né  en 1926 à AÏn el Hammam (ex Michelet), Hocine Ait Ahmed reste à 81 ans un inlassable combattant.  Il fut l'un des principaux chefs du F.L.N. et se trouvait avec Ben-Bella et cinq autres dirigeants du mouvement dans l'avion de la compagnie Air Atlas que Robert Lacoste  fit intercepter au large des côtes algériennes,  avec l'accord de Guy Mollet , le 22 octobre1956. Ils resteront emprisonnés jusqu'en mars 1962.  Lors de la crise de l'été 1962 qui voit Ferhat Abbas démissionner de la présidence du GPRA, il quitte à son tour  tous les organes dirigeants auxquels il appartenait  s'opposant à  l'instauration du parti unique qui annonce la mort de la démocratie. L'année suivante il crée le Front des forces socialistes (F.F.S) et ouvre des maquis en Kabylie. Arrêté et condamné à mort en 1964, il s'évade de la prison de Maison-Carrée en1966, se réfugie en Suisse, passe un doctorat de droit et milite inlassablement pour la défense des droits de l'homme, l'unité du Maghreb et  l'avènement d'une 2ème république en Algérie. La page reproduite ci dessous a été publiée le 25 juillet 2005 sur le site de la diaspora kabyle (voir le lien)

Aït Ahmed et le « génocide » des Pieds-Noirs

 

Intervenant dans le numéro de juin 2005 de la revue Ensemble éditée par l’Association Culturelle d’Education Populaire, Hocine Aït Ahmed, leader du Front des Forces Socialistes et dirigeant historique de l’insurrection du FLN en 1954, y tient des propos assez surprenants sur les Pieds-Noirs et leur expulsion d’Algérie en 1962.
Rappelons que l’Association Culturelle d’Education Populaire est une association fondée en 1948 à Constantine par l’abbé catholique Emmanuel Grima. Aujourd’hui sise à Montpellier, dans le sud-est de la France, elle rassemble des Pieds-Noirs originaires de l’Est algérien et publie, cinq fois par an, la revue Ensemble. C’est dans le dernier numéro de cette revue (n° 248) qu’Hocine Aït Ahmed fait part de ses observations et réflexions concernant le sort fait aux « Européens » par le FLN pendant la Guerre d’Algérie.

Sur un ton passionné, il dénonce la véritable « tragédie humaine » qu’a constitué le départ forcé des populations françaises d’Algérie en 1962. Il estime que c’est « plus qu’un crime, une faute » commise par le Front de Libération Nationale, dont il est un des chefs fondateurs et dont il était encore membre à l’époque. Il ajoute que cette faute a pris un triple aspect « politique, économique et même culturel ». En effet, d’après lui les citoyens non-musulmans auraient dû garder toute leur place dans l’Algérie indépendante car « les cultures juive et chrétienne se trouvaient en Afrique du Nord bien avant les arabo-musulmans, eux aussi colonisateurs, aujourd’hui hégémonistes. »

Sur un plan plus économique, Aït Ahmed regrette qu’en forçant les Européens au départ, l’Algérie nouvellement indépendante se soit privée d’un formidable réservoir de main d’œuvre formée, productive et compétente : « Avec les Pieds-Noirs et leur dynamisme - je dis bien les Pieds-Noirs et non les Français - l’Algérie serait aujourd’hui une grande puissance africaine, méditerranéenne. » Il sous-entend donc que le choix de tourner radicalement le dos à l’Europe occidentale et d’ouvrir l’Algérie aux professeurs arabes, Egyptiens, Syriens et autres Palestiniens ainsi qu’aux ingénieurs soviétiques fut une erreur coûteuse qui a conduit l’Algérie sur la voie du sous-développement. Il oppose à cette stratégie arabiste et tiers-mondiste, décidée à l’époque par le FLN, une sorte de « troisième voie » qui aurait vu l’Algérie s’appuyer sur ses compétences internes, alors essentiellement détenues par les « Européens », pour créer les conditions d’une croissance économique saine.

Allant encore plus loin dans la repentance, Hocine Aït Ahmed déclare qu’ il y a eu envers les Pieds-Noirs des fautes inadmissibles, des crimes de guerre envers des civils innocents et dont l’Algérie devra répondre au même titre que la Turquie envers les Arméniens. » Ce faisant, il évoque la longue liste de massacres commis contre les civils Pieds-Noirs pendant la guerre d’Algérie, depuis ceux de Philippeville (Skikda) en 1955 à ceux d’Oran en 1962. Ces tueries, provoquées par le FLN, ont eu pour effet d’instaurer une coupure radicale entre ceux que l’on appelait alors les « Européens » et les « Musulmans », provoquant finalement l’exode des Pieds-Noirs vers la France dès la proclamation de l’indépendance de l’Algérie. Ce qui est particulièrement étonnant et qu’on avait sans doute jamais entendu dans la bouche d’un homme politique algérien, c’est la comparaison entre le sort fait aux Pieds-Noirs en 1962 et celui fait par les Turcs aux Arméniens en 1915.

L’écrasante majorité des historiens et des opinions publiques, à l’exception des Turcs, s’accordent à dire que les massacres et déportations d’Arméniens par les Turcs constituent le premier cas de génocide moderne. En comparant le destin des Pieds-Noirs et celui des Arméniens, Hocine Aït Ahmed accuse donc implicitement le FLN d’avoir commis un génocide à l’encontre de la population européenne d’Algérie !. Ces déclarations émanant d’un des derniers chefs historiques du FLN sont proprement stupéfiantes à l’heure où Abdelaziz Bouteflika dénonce encore avec virulence le « caractère génocidaire » de la colonisation et où la presse algérienne arabophone se lance dans des attaques sans fondements contre les juifs de Tlemcen partis en 1962.

On peut cependant se demander pourquoi il aura fallu si longtemps pour que Hocine Aït Ahmed rende publiques de telles réflexions. Si génocide il y a réellement eu, pourquoi n’ en a-t-il alors rien dit à l’époque, alors que sa voix comptait parmi les plus influentes du FLN et aurait peut-être pu empêcher cette « faute terrible » ? Pourquoi, par la suite, s’est-il allié à Ahmed Ben Bella, lors des accords de Londres signés en 1985 ? Chacun sait que Ben Bella présida à l’expulsion des Pieds-Noirs et à l’arabisation systématique de l’Algérie. Si cela constituait un génocide, pourquoi alors Aït Ahmed s’est-il allié à un génocidaire ? Enfin, en 1995, lors des accords de Rome et du fameux épisode de la chéchia de Djaballah, Hocine Aït Ahmed ne semblait pas très mal à l’aise au milieu de ceux qu’il qualifie aujourd’hui d’« arabo-musulmans », « colonisateurs » et « hégémonistes ». Bref, cette nouvelle sortie de Dda l’Hocine, pour courageuse et intéressante qu’elle soit, semble soulever plus de questions qu’elle n’en résout.

Pour KabyleS.com - Rédaction Paris

Publié dans : L'exode des Pieds-noirs .. - Communauté : Pieds-noirs du monde entier - Par Balintawak
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 8 décembre 2007

      ...entre Algériens et Français, car il me semble que les deux Etats auraient pu parvenir à la signature d’un traité d’amitié tel que le souhaitait Jacques Chirac sans pour autant changer les relations entre les peuples tant l’Histoire et  la mémoire qu’en ont les hommes peuvent être éloignées l’une de l’autre. Faudra-t-il donc attendre la disparition des acteurs et des témoins de la tragédie qui, des deux côtés de la Méditerranée, pèsent lourdement sur le débat, pour parvenir à ces relations sereines que la raison appelle entre deux nations si proches l’une de l’autre ? Je ne le crois pas pas.

       La  connaissance historique est indispensable à la réconciliation des peuples comme cela a été montré avec l’Allemagne mais elle ne saurait suffire à extirper  de leur mémoire collective des sentiments qu’une histoire douloureuse y a inscrits. Il suffit, pour s’en convaincre, de connaître le rapport qu’établissent aujourd’hui certains historiens entre les croisades et la vision que se font certains musulmans de l’Europe ou de se demander ce que ressentent les Européens lorsqu’ils apprennent, qu’au nom de l’Islam et de l’Histoire, des fanatiques musulmans  se donnent pour objectif de reconquérir l’Andalousie. 

       S’ajoute à ces considérations le fait que l’Histoire, dans sa froide reconstitution des évènements, ne tranche pas, ne dit ni le bien ni le mal, ni le juste ni l’injuste. Pour elle, occupations et conquêtes, mort et naissance de civilisations, d’empires, d’états, de peuples ou de nations, ne sont après tout que ce que la marée est à l’océan, une forme de respiration profonde du monde. Et, en effet, qu’est-ce  que la France sinon le résultat de mutations successives provoquées par les guerres, les conquêtes, les grandes migrations ? Que seraient  devenues les Amériques si elles n’avaient pas été conquises par les Européens et, l’Afrique du Nord, si elle ne l’avait pas été par les Arabes. Que serait devenue l’Espagne si ces derniers y avaient consolidé leurs conquêtes ? L’Histoire qui rend compte des faits ne peut répondre à ces questions. Les historiens peuvent seulement constater que le monde dans lequel nous vivons est le résultat d’une évolution  rarement pacifique et indolore, mettre leur science au service de la vérité des faits qu’ils relatent et, comme ils l’ont fait, refuser d’entériner la tentation du pouvoir politique d’instituer  une histoire officielle, qu’il s’agisse de celle de l’esclavage ou de la colonisation.
 

       C’est pourquoi, dans l’entreprise visant à la réconciliation de nos deux peuples, la démarche de l’écrivain qui construit des personnages et des parcours singuliers auxquels chacun peut s’identifier, explore des sentiments et donne de la chair à l’histoire, me paraît complémentaire de celle de l’historien qui reconstitue une fresque collective. On ne peut que souhaiter voir de nombreux talents sur les deux rives de la Méditerranée faire de notre histoire commune un sujet de romans surtout quand l’on connaît la richesse de son hagiographie.

Publié dans : reconciliation France Algérie - Communauté : Pieds-noirs du monde entier - Par Emile Martinez
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 7 décembre 2007

CouvBalintawakRecto.jpg Balintawak, le cri de la liberté

 

Né en 1870 en Espagne, Jean Baptiste Perez a grandi en Algérie où ses parents trouvèrent refuge après le coup d’Etat de 1874 contre l’éphémère première République espagnole. Volontaire du corps expéditionnaire envoyé aux Philippines en 1896 pour combattre l’insurrection tagale, il y rencontre Ana et vit un grand amour contrarié par les événements que traverse le pays. Placé à des postes d’observation privilégiés (attaché au service de presse de l’état major, officier dans une unité combattante, responsable du Service d’Insertion des Repentis), il suit de près l’évolution d’un conflit qui aboutit à l’intervention américaine et à la défaite espagnole. L’échec de la colonisation qu’il découvre alors préfigure l’avenir de l’Algérie et l’aide à se forger une solide conviction sur la façon dont devrait se construire ce pays pour éviter une tragédie semblable à celle que connaissent les Philippines. C’est le cœur plein d’espoir que Jean Baptiste Perez, confiant en la capacité des Algériens à vivre ensemble, rentre avec Ana, le 15 août 1899, dans le pays où il a choisi de vivre:

« Il me fallut beaucoup de patience et de temps pour réapprivoiser sur ses lèvres les rires et les mots tant le malheur avait marqué son âme mais, aujourd’hui, dans ses yeux émerveillés qui regardent venir vers nous la terre d’Afrique, je lis une promesse de bonheur éternel. Notre vie, celle de nos enfants et des enfants de nos enfants, celle de la lignée que nous allons fonder commence demain en Algérie. »

En juin 1962, José Linares tombe par le plus grand des hasards sur le journal où Jean Baptiste Perez avait consigné ces évènements et le lit d’une traite entre Alger et Marseille, achevant le voyage initiatique qui soixante trois ans plus tôt avait jeté son grand père dans la tragique confrontation ou devaient périr les derniers vestiges de l’Empire espagnol. Sur le bateau, pour un voyage sans retour, des réfugiés semblables à ceux qui abandonnaient les Philippines en 1899:

" - D’après vous M’sieur, quand est-ce qu’on pourra rentrer chez nous?"

Que lui répondre? José Linares pensa à Jean Baptiste Perez qui avait prévenu Ana: « vous êtes condamnée à vivre dans un exil intérieur bien plus douloureux que l’exil réel. » Mais il l’invitait à partager une autre perspective: «  Moi je construis un pays dont l’avenir est entre nos mains ». Ce rêve était définitivement mort. Qui leur dirait qu’on les avait trompés en les disant Français alors qu’ils n’étaient que des Algériens comme les autres qui devaient simplement apprendre à tisser l’avenir avec leurs frères de naissance et de ciel? Ils avaient réussi à former un peuple où les Juifs, après bien des souffrances, avaient trouvé leur place mais ils avaient laissé les Arabes sur le bord du chemin. Maintenant ils devaient payer collectivement leur erreur du prix de l’exil. Il préféra esquiver la question:

- Merci pour la bière! On se reverra sans doute à Marseille.»

C’est cette histoire que raconte  Balintawak. Traversé par les thèmes de l’identité, de l’exil, de l’amitié, de l’amour et de la mort, ce roman qui se déroule dans le cadre historique de la guerre d’indépendance des Philippines avec un constant renvoi à l’Algérie de l’époque raconte en creux l’histoire manquée de ce que ce pays aurait pu devenir.




 

Publié dans : Balintawak - Par Emile Martinez
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 6 décembre 2007

      Je suis Français, de sang espagnol, né en Algérie d’une famille installée là-bas depuis deux générations, et je promène aujourd’hui mes vieilles cicatrices entre la Méditerranée, le pacifique, et l’Amérique latine où je partage ma vie, m’intéressant à l’histoire et au destin de ces minorités qui furent, comme les Pieds-noirs d’Algérie, tout à la fois les instruments et les victimes de la colonisation. J’aurais pu devenir Algérien si nous avions écrit l’histoire autrement et, surtout, si en 1963 la première Assemblée algérienne n’avait pas voté un code de la nationalité qui, pour me reconnaître ce droit, exigeait que j’eusse au moins deux ancêtres musulmans dans mon ascendance ou que j’aie servi la révolution. J’ai encore en mémoire l’intervention de cet élu européen - les accords d’Evian qui furent rapidement abandonnés avaient prévu leur représentation dans les assemblées -, un curé de l’Oranais, ami des « fellaghas » selon la majorité des Pieds-noirs, un homme lucide selon moi, qui regrettait alors : « l’Algérie a souvent été la terre des occasions manquées et elle va l’être à nouveau aujourd’hui».
 
        Je n’entends jamais évoquer par un de ces beaux esprits qui passent leur temps à peindre le monde en noir et blanc, une disposition - je ne sais pas si elle existe toujours dans le code civil algérien - qui atteignit rapidement son objectif de faire partir de leurs pays les plus engagés d’entre nous, ceux qui avaient décidé d’y vivre et de le servir. Plus curieusement encore, je n’entends jamais évoquer non plus les mesures prises par le gouvernement algérien pour empêcher les Pieds-noirs de transférer hors d’Algérie le produit de la vente de leurs biens ou de les en spolier grâce à la fameuse loi sur les  biens dits vacants qui permettait de confisquer sans indemnisation toute propriété - terrain, entreprise, luxueuse ou humble résidence…- leur appartenant, non occupée pendant deux ou trois semaines. J’ai connu quelques années plus tard de modestes retraités qui, craignant de se retrouver à la rue à leur retour, n’osaient même pas aller visiter leurs enfants installés hors d’Algérie.

          Ainsi, cent trente trois ans après les Algériens qui, par divers procédés, notamment la confiscation des terres sans titres comme l’étaient les terres collectives des tribus, les biens religieux ( Habous ), les terrains de parcours des nomades dans un pays où le cadastre n’existait pas, se virent dépouiller de leurs terres, nous apprenions à notre tour que l’Histoire n’est jamais douce envers les vaincus. Et nous étions les seuls vaincus de cette guerre... Les biens pillés lors de la conquête d’Alger avaient été accaparés par quelques familles comme celle de l’actuel baron Ernest Antoine de Seillière ou de son représentant à Alger, Adolphe Schneider, qui reçut pour prix de ses services, un fleuron de la sidérurgie française, les forges du Creusot ( Lire à ce sujet « Main basse sur Alger » de Pierre Péan aux éditions Plon . 2.005), les terres récupérées plus tard furent distribuées aux colons. Les pillards de 1962 se partagèrent ce que les Européens n’avaient pas pu emporter, tandis que le gouvernement algérien distribuait les propriétés confisquées aux familles de réfugiés rentrant de Tunisie et du Maroc, aux paysans déplacés par la guerre ou aux cadres du FLN qui s’empressaient de les louer à prix d’or… aux coopérants. Juste retour des choses ? Certains le pensent. Je crois pour ma part, comme Albert Camus, que l’on n’efface pas une injustice en en commettant une autre et que l’Algérie qui a manqué d’un Nelson Mandela, s’est privée par cette politique, des cadres qui lui firent défaut pour son développement et de l’opportunité de créer une société pluriethnique et multiculturelle qui aurait pu rayonner sur le bassin méditerranéen et plus loin encore.

Les mémoires de l’Algérie sont donc plurielles et c’est pourquoi, même si je n’ai pas l’âme sarkozienne, je me reconnais dans les propos du président sur ce pays. Dans sa condamnation de l’aventure coloniale car rien, en effet, ne justifie qu’un pays en occupe un autre, lui substitue sa culture et s’empare de ses richesses mais aussi dans sa reconnaissance de l’identité et de la souffrance de ceux, Harkis et Pieds-noirs qui furent en quelque sorte les « cocus » de l’aventure coloniale. C’est cette réalité complexe de l’histoire algérienne que j’ai moi-même voulu présenter dans « Balintawak, le cri de la liberté » que publieront début 2.008 les éditions Pietra Liuzzo.

Publié dans : mémoires plurielles - Communauté : Pieds-noirs du monde entier - Par Emile Martinez
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus