Samedi 26 janvier 2008

 

Saint-Gélase 1er est né en Kabylie. A l’origine de la fête d’Halloween et de la Saint-Valentin, nous avons souhaité vous présenter ce pape hors du commun.

Gélase fait carrière dans le clergé de Rome et devient même le conseiller, d’ailleurs écouté, du pape Félix III. Il lui succède sur la chaise de Saint Pierre le 1er mars 492. Le début de la renaissance du droit canonique peut être fixé à l’élection de Saint-Gélase 1er.

Dès les premiers temps de son pontificat, il manifeste la haute conscience qu’il a de ses droits et de ses devoirs. Sa prudence et sa fermeté dans le gouvernement de l’Eglise, son activité de théologien et d’écrivain, le font remarquer entre tous ses prédécesseurs de la seconde moitié du VIè siècle, et ses mérites font évoquer Saint-Léon 1er le Grand (461). De Tertullien, il a le goût de la controverse et aussi les talents, la verve et la vigueur. Il est intraitable par devoir et par nature.

Gélase affirme avec noblesse les droits du pouvoir spirituel dans une lettre à Anastase, empereur de Byzance : "il y a, auguste empereur, deux pouvoirs principaux pour régir le monde : l’autorité sainte des pontifes et la puissance royale. Des deux, celle des prêtres est d’autant plus importante qu’ils doivent, dans le jugement divin, rendre compte au Seigneur des rois eux-mêmes". C’est ainsi que ce Berbère rétablit l’ascendant du Pape devant l’autorité des empereurs, non seulement dans son temps, mais aussi pour les siècles à venir. A la différence de Saint-Léon, il ne parle pas d’union des pouvoirs, et la pensée gélasienne s’explique sans doute par la personnalité de son auteur.

-  Les Hérésies sont là

Cependant, politiquement et religieusement, les temps sont difficiles. Sous la conduite de Théodoric les Ostrogoths viennent de s’établir en Italie et Rome obéit à un prince arien. En Occident les sectes renaissent de leurs cendres. L’Hénotique, cet abus de pouvoir de l’empereur Zénon de Constantinople, qui prétendait régenter la foi et qui voilait l’enseignement du concile de Nicée sur la divinité et la nature humaine du Christ, continue d’être en vigueur. - Ramener l’Eglise d’Orient à l’unité romaine, - Maintenir partout l’intégrité du dogme, l’indépendance de l’Eglise, la pureté des mœurs chrétiennes, - Tenir tête aux Byzantins insoumis, aux hérétiques et aux demeurants du paganisme, telle est la tâche assumée par le pape Gélase avec un zèle infatigable.

Sans relâche, pendant un règne d’un peu plus de quatre ans, Gélase écrit des livres, tient des synodes en 495 et 496, enseigne, reprend, veille sur la discipline ecclésiastique. Il laissera après lui le modèle d’un Pape savant, administrateur, zélé et pieux. Ses lettres reflètent sa physionomie avec un particulier éclat. Leur nombre reste exceptionnellement élevé pour la brève durée de son pontificat. On en compte pas moins de quarante-trois auxquelles s’ajoutent quarante-neuf fragments ou témoignages de lettres perdues, puis vingt-neuf autres lettres ou fragments nouveaux qui seront ensuite découverts dans un manuscrit du British Museum à Londres, et publiés en 1885 à Leipzig. Ce sont, pour la plupart, de courts billets, d’une forme élégante et concise, qu’on dirait imités des lettres familières des anciens.

Certaines se rapportent aux affaires de l’Illyricum qui, relevant de l’Empire d’Orient pour les questions civiles, est alors rattaché au Saint-Siège pour l’administration ecclésiastique. D’autres concernent la discipline du clergé et, bien qu’elles visent des circonstances particulières, elles se trouvent applicables d’une manière générale.

-  Un travailleur acharné

Un bref regard sur quelques-unes des directives de Gélase suffit à nous montrer l’ampleur de son action, à laquelle se joint un souci particulier du détail :
-  interdiction faite aux évêques de se rendre à la cour de Ravenne sans l’autorisation pontificale ; de réclamer des clercs d’autres diocèses ; instauration d’un contrôle pontifical strict de la gestion temporelle des évêques ; jugement des prélats dilapidateurs auxquels un administrateur est imposé, ainsi qu’aux évêchés en vacance de siège. Rappel des évêques d’Italie et de Sardaigne au respect de la hiérarchie.
-  Défense renouvelée aux clercs de se livrer au commerce, de se marier, impossibilité à ceux insuffisament instruits d’être promus à l’ordre supérieur ; détermination du nombre de diacres selon l’importance de chaque ville (3, 5 ou 7) ; approbation par l’évêque du postulant aux ordres, alors que l’on procédait souvent par acclamation du peuple, et prescription au clergé d’effectuer lui-même l’enquête préalable. Droit assuré aux clercs, victime d’une sanction de leur évêque, de s’adresser directement au Pape.
-  Interdiction aux diacres de consacrer la Sainte Hostie, pratique introduite sous les persécutions, et aux prêtres de conférer le sacerdoce sous peine d’excommunication. L’évêque seul également peut donner la Confirmation, réconcilier les pénitents, imposer le voile aux vierges consacrées ou aux veuves, consacrer une nouvelle église.
-  Déclaration contre l’exclusion perpétuelle des pénitents et des excommuniés qui sont invités à introduire dans l’année leur demande de pardon et de réintégration.
-  Prescription faite à toute personne qui érige une église nouvelle de la doter d’une terre dont les revenus serviront à subvenir à ses besoins de la manière suivante : un quart pour l’évêque, un quart pour les pauvres et les voyageurs, un quart pour les clercs, un quart pour les bâtiments et hospices. Cette pratique durera jusqu’au début du VII-1 siècle. Chaque fondation doit recevoir nécessairement l’autorisation du Pape.
-  Rappel aux femmes de leur incapacité à remplir une fonction sacrée. A la correspondance il faut joindre les nombreux traités, commencés sous le règne de ses prédécesseurs, qui traitent du schisme de l’évêque Acace, du pélagianisme, de la fête païenne des lupercales, toujours célébrée à Rome, et que Gélase supprime pour la remplacer par la Saint-Valentin.

En ce qui concerne Acace, son parti semblait diminuer la parfaite divinité du Christ et voulait faire rentrer les hérétiques dans l’Église en demandant à la foi commune de célébrer le Christ, non en sa divinité substancielle, mais seulement en sa ressemblance avec le Père Éternel. Et Gélase de répondre avec l’Évangile que Jésus est Dieu, tout comme le Père Éternel.

Comme ses devanciers, il professe la doctrine de Saint-Augustin dans les questions de la grâce, sans insister sur les problèmes de la prédestination et des diverses efficacités de la grâce divine. Gélase déclare risible la prétention de Constantinople à une autorité religieuse égale à celle de Rome.

Il rappelle la primauté romaine sur toute la chrétienté et sur tous les sièges épiscopaux : "Ce n’est pas par des décisions des conciles que l’Église de Rome a été mise au-dessus des autres Églises, mais elle a obtenu cette primauté par la parole du Seigneur, notre Sauveur, dans l’Évangile : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église. Le premier siège de l’apôtre Pierre est donc l’Église romaine !".

Après avoir ainsi proclamé le droit divin de la primauté pontificale, il soutient partout, avec la plus grande énergie, que le Pape est qualifié pour juger seul tous les évêques, y compris les patriarches, sans le concours d’un concile, sans avoir à tenir compte de décisions conciliaires, et sans qu’il puisse être fait appel de son jugement.

Donc le Pape, quelle que soit sa dignité ou son indignité personnelle, ne peut jamais être soumis à un tribunal humain. Il distingue les bons et les mauvais conciles. Les premiers se reconnaissent par leur conformité aux Écritures, à la doctrine des Pères de l’Église, ainsi qu’aux règles ecclésiastiques reçues par toute l’Église. Notons enfin que, dans le domaine de la liturgie, les oraisons gélasiennes contiennent le texte le plus ancien sur l’Assomption de la Vierge.

Saint-Gélase 1er meurt, après quatre ans et demi de gouvernement, le 19 novembre 496. Nombreux sont ses ouvrages qui n’ont hélas pas survécu.

Abbé Vincent Serralda.

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Jeudi 24 janvier 2008


Assassiné en 1998
Matoub aurait eu 52 ans aujourd’hui




Lounès Matoub, qui s’est imposé sans les médias et sans les médailles des officiels, continue à scintiller dans le ciel de la Kabylie comme étant l’artiste le plus écouté mais surtout le plus adulé.

Il sera le seul qui n’assistera pas à ce cinquante-deuxième anniversaire, aujourd’hui, mais combien de millions de Kabyles ne manqueront pas d’avoir une pensée pour lui en ce jeudi hivernal? Combien de milliers fans iront se recueillir sur sa tombe dans son village de toujours : Taourirt Moussa ? Et, c’est là le plus important, ils sont combien à se réchauffer tous les jours de sa voix ensorcelante ? Ceux qui s’attendront à des hommages officiels, aujourd’hui, au plus grand chanteur kabyle de tous les temps, auront tord. Matoub Lounès est un artiste libre et irrécupérable.

 Dix ans après son assassinat, il dérange toujours les corrupteurs de tout bord et les opportunistes qui, pour une poignée de dinars, sont prêts à tourner le dos à la Kabylie et à tout ce que ce que cette région a milité pour réussir à implanter un début de démocratie en Algérie.

 Matoub n’a jamais été l’ami des hommages officiels. Il ne se prenait pas pour un mage en dépit de sa popularité inégalée. Par contre, il a toujours été, et il demeure ce « n’importe qui », ami du chômeur de Tikobaine ou compagnon de l’adolescent, pauvre et déprimé, de Ait Zikki. Matoub Lounès, on le croisait à Takhoukht, jamais au Boulevard des martyrs, antre  de la télévision d’Etat qui n’ouvre ses portes qu’aux voix dociles et mercantiles. C’était loin d’être le cas du Rebelle. Matoub ne ramassait pas l’argent. Il  le distribuait à Tizi Ouzou à « Marios » et à ceux qui, comme ce dernier, n’avait que Dieu et Matoub, comme source d’espoir. Un simple d’esprit, célèbre à Tizi Ouzou, a l’habitude de faire l’aumône en prononçant une phrase dissuasive «donne-moi cinq  dinars, sinon tu vas regretter». Quand ils se croisaient, Matoub lui donnait un billet de mille dinars.  Un jour, en lui tendant le fameux billet, Matoub avec son esprit de plaisantin éternel dit à son compagnon : «Si ça continue comme ça, il va me ruiner !». Tout le monde a ri, y compris le simple d’esprit. Ce sont ce genre de moments que partageait Matoub avec tous « les petits ».

Ces petits qu’il ne faut jamais mépriser, disait Matoub à sa mère, car ceux qui éprouvent de l’aversion envers cette frange marginalisée, vont tous le regretter un  jour. Matoub c’était donc le grand cœur. Grand cœur et profond. Matoub ne passait pas à la télévision mais il passait tous les jours dans les rues de la Kabylie. C ’est pourquoi, en plus de son talent unique, sa popularité n’est pas seulement restée intacte dix ans après sont départ, mais elle augmente de jour en jour. Des jeunes qui avaient dix ans à son assassinat, l’ont découvert malgré la censure des dictateurs de la culture. Ils l’ont aimé car malgré les tentatives de formater leur esprit, notamment par la télévision du système, ces jeunes ont compris que les meilleurs artistes ne sont pas forcément ceux qui passent à la télévision.

Ils savent que pour avoir accès à cette télévision arabo-islamique, il faut d’abord accepter de dire que pour être kabyle, il faut d’abord accepter d’être arabe, en adhérant à la scandaleuse manifestation «Alger, capitale de la culture arabe» ! Matoub aurait composé un chef d’œuvre sur ce carnaval de reniement identitaire. Hélas, il n’est pas là et quand le chat n’est pas là…les souris dansent. C’est universellement connu.

Matoub, grâce à son art et à son engagement intègre, a été le seul apte à triompher de la mort sans aucun support, absolument aucun. Même la revendication de la vérité sur son assassinat ne trouve plus aucun relais. Matoub échappe au temps, au système, aux démocrates, il échappe même à sa famille, à sa sœur Malika, qui pleure tous les jours, toutes les minutes, toutes les secondes ce frère-symbole, à sa mère qui voit dans les yeux de chaque jeune qui visite Taourirt, le visage de Lounès qui ne reviendra pas. Mais qui n’a pas non plus disparu définitivement pour pouvoir faire son deuil.

 Il vit de jour en jour davantage, ressuscité par la nouvelle génération de Kabyles, qui n’écoute que leur cœur, jamais la voix des gardiens du temple dictateur ou d’une télévision devenue un centre de formation de chanteurs à la Rabah Derriassa  ! Les chanteurs «Tahia et applaudimètres».

Matoub n’a pas laissé que des chansons. Il a légué un univers, un monde à tout un peuple opprimé car spolié du droit le plus élémentaire : le droit à sa langue maternelle. Matoub n’a pas été une star de passage dont l’aura est savamment entretenue par les médias du système. Matoub, parce qu’il a été libre et Homme, a conquis les cœurs de la génération qui le precède, de sa génération et de celle qui lui succède.

La chanson de Matoub, politique, sociale ou sentimentale lui a survécu. Matoub, c’est l’œuvre qui survit à l’ouvrier !  Matoub vit toujours dans les prunelles de millions d’admirateurs. Il a été assassiné en 1998. Il est vivant en 2008.

Il le sera en 2018 et en…2098.

 
Aomar Mohellebi.
 
 
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Dimanche 20 janvier 2008

Quand Charlot tenait salon aux Vraies Richesses...

C'est un vieux monsieur assis au milieu de collines de livres. C'est un vieux monsieur qui, là-bas, dans un Alger encore d'insouciance, échangeait des avis éditoriaux avec Camus, refaisait le monde avec Jules Roy et fermait boutique vers trois heures du matin quand Emmanuel Roblès décidait enfin d'aller se coucher. Edmond Charlot - on disait Charlot tout court comme pour l'autre, celui des sautillants écrans - Charlot donc fut l'accoucheur de cette génération : il fut le premier à tenir le manuscrit de L'Etranger que Camus n'envisageait pas de publier ailleurs que chez lui, il reçut, par des voies mystérieuses, Le silence de la mer de Vercors et le publia d'enthousiasme.

Etrange moment de grâce intellectuelle que celui de cette librairie d'Alger baptisée aux Vraies Richesses qu'une maison d'édition vint rapidement épauler. Jean Grenier, philosophe, écrivain, professeur de khâgne de Camus et de Charlot, ne croyait sans doute pas si bien semer quand il conseilla à son élève de se lancer dans l'édition. " Je vous donnerai un texte ", lui avait-il dit comme cela, parole en l'air. Charlot la rattrapa au vol. Et se trouva très vite à tenir salon, comme on aurait dit au XVIIIe, mais un salon joyeux, bambochard et nocturne, où Roblès, Camus, Grenier, Gabriel Audisio venaient respirer dans cet Alger d'avant-guerre à la vie intellectuelle sans souffle.

Aujourd'hui, Edmond Charlot analyse cet instant suspendu d'avant les catastrophes : une réaction à l'algérianisme, dit-il, ce courant " un peu ridicule qui parlait d'Algérie sans jamais montrer les Algériens ". La bravache devise de la maison - " Des jeunes, par des jeunes, pour des jeunes " - et une étonnante conjonction de talents firent le reste : en 1940, Charlot avait déjà publié L'envers et l'endroit et Noces de Camus, ses auteurs s'appelaient Max-Pol Fouchet, René-Jean Clot ou Lorca dont il fut le premier éditeur français.

La guerre, loin d'étouffer ce foyer, le raviva. L'éloignement de la France vichyste autorisait quelques audaces. Trop peut-être : Charlot se retrouva en prison sous le soupçon de (sic) " présumé gaulliste, sympathisant communiste ". Mais Vichy, guerre, prison n'y purent rien : Charlot publia, publia encore. Jules Roy, Roblès, Gide qui passait la guerre en Afrique du Nord.

De France, tant que les liaisons ne furent pas coupées, lui arrivaient régulièrement des paquets postés à Chambon-sur-Lignon où Camus était réfugié. Il annotait, conseillait. Et puis, un jour, envoya un énorme pavé : L'Etranger, Caligula, Le mythe de Sisyphe qu'il voulait faire paraître ensemble sous un même titre : L'absurde.

Charlot se souvient du choc ressenti. Mais que faire ? " Nous n'avions plus d'encre, plus de papier. Avec Max-Pol Fouchet nous allions gratter la suie dans les cheminées pour faire de l'encre ". C'est Gallimard qui publiera. Quand, de la valise de Londres, arrivera le manuscrit du Silence de la Mer, la situation est un peu meilleure. Et c'est Charlot qui éditera.

L'après-guerre ne fut pas moins glorieuse : Camus encore, Roblès toujours, Jules Roy, Koestler, et un Fémina et un Renaudot La nouvelle guerre, celle d'Algérie, trouva les éditions Charlot financièrement exsangues et littérairement glorieuses. L'OAS les trouva, elle, trop " libérales " : deux attentats firent crouler librairie, stocks, archives.

Aujourd'hui, il reste aux mains de collectionneurs fanatiques quelques exemplaires de ces livres sur papier exécrable qui sont des petits trésors. Et, dans la tête d'Edmond Charlot, le souvenir d'un monde qui sut, au long de quelques étés algériens, marier la beauté avec l'intelligence.

J. VILACEQUE (ML)

Publié dans : Images d'Algerie - Communauté : Pieds-noirs du monde entier - Par Balintawak
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Dimanche 20 janvier 2008

                                            
        Par  Wynna Nat- Iraten  dans le magazine berbere on line www.Afrique-du Nord.com

                                             Voyons la part prise par les Nord-Africains à la célébrité du Monde Romain. Si la prestigieuse civilisation africaine d’Egypte peut se classer en "catégorie exceptionnelle" dans l’Histoire de l’Univers, il apparaît possible de qualifier d’âge d’or la période vécue par ces indigènes à l’époque des Romains.
 

  L’écrasement de la Carthage phénicienne par les Romains et sa disparition sans regrets de la part des Maures et des Numides qui avaient fait sa gloire militaire, mais qu’elle a trahis, a permis à ceux-ci d’étendre la Maurétanie Tingitane vers l’Espagne, et de la doter de 2 capitales : une sur chacun des 2 continents. Et c’est ainsi que l’Ibérie a relevé pendant longtemps, sur le plan du pouvoir spirituel, des diocèses d’Afrique au temps où l’Eglise catholique rayonnait à partir d’une nouvelle Carthage érigée en (semi) capitale du christianisme.
  Voyons alors le pourquoi de cette expression "âge d’or". Cette affaire doit être examinée suivant 2 plans bien distincts : le temporel, et le spirituel

 
Plan du Pouvoir Temporel
 

  La part décisive prise par les Berbères au triomphe (usurpé) de Hannibal a tout particulièrement retenu l’attention d’un grand chef romain nommé Scipion. C’est lui qui, ultérieurement, prendra l’initiative d’un contact avec Massinissa pour lui proposer d’échanger la forfaiture témoignée par Carthage à l’égard des Berbères contre... une simple neutralité à observer par ces Africains lors du futur règlement de comptes qui soldera de façon définitive le conflit Rome-Carthage. C’est ainsi que, privé du concours des valeureux guerriers (nord) africains, Hannibal a été écrasé à Zama en - 212 ; (Ref. Philip’s concise encyclopédia).

 

  Ce premier accord marque d’une pierre blanche le début d’une aventure appelée à devenir extra-ordinaire puisque le couple Romains + Berbères durera près d’un millénaire (IIIè siècle, + VIè siècle). La conjugaison des 2 forces, dès lors, fusionnées, donnera un outil puissant de défense d’un empire étendu sur 3 continents avec une civilisation désignée sous le prestigieux label de : Occident.
  Dans ce cadre, les Africains bénéficieront pour la première et dernière fois d’une citoyenneté allogène de grand renom. Ce titre hautement enviable en son époque leur a été conféré en l’an + 212 par la Constitution Impériale de Caracalla, (lui même Berbère). Il ne leur a jamais été retiré par personne. Quant aux forces militaires de l’Infanterie maure, et surtout celles de la cavalerie numide, elles inscriront de vraies lettres de noblesse pour le compte de Rome, de l’Europe et de l’Occident.

 

  En effet, les Berbères qui accéderont au titre suprême d’Empereur Romain se chargeront de consolider frontière et puissance de l’Empire depuis l’Ecosse jusqu’en Mésopotamie. En ce sens, ce sont des forces berbères intégrées au sein des Légions romaines qui ont aidé à coloniser l’Hispanie déjà occupée par des Maures et des Numides au retour de la 2è guerre punique. Leurs descendances ont engendré des personnages célèbres parmi lesquels se sont distingués les Empereurs Trajan et Hadrien, dénommés "Morescos" par les chroniqueurs, et autres historiens ; ce qui a été également le cas pour Agricola, natif du Massif des Maures, en Gaule. Ce sont aussi des forces militaires à majorité africaine, stationnées en Rhin et Danube, qui ont porté le Libyen Septime Severe au pouvoir impérial. Ce sont les familles des Légions issues des Provinces Romaines d’Afrique qui ont occupé, fondé famille et poussé racines dans les 2 Gaules ainsi qu’en Albion, à l’Ouest, et en Phénicie d’Asie ou en Mésopotamie, à l’Est, assurant alors la stabilité de l’Empire romain durant la présence des Berbères sur le trône impérial. A l’ouest, les traces de tous ces compatriotes se retrouvent dans les noms de leurs lieux d’implantation, notamment au Pays de Galles, en Angleterre, en Ecosse, ainsi qu’en Europe des Pays du Danube, et même au sud de la Loire. Quant à l’est, ces traces sont décelables seulement dans les noms des familles installées au Proche-Orient et transmis en appellation originelle berbère aux générations successives postérieures.

 

  Quant à la langue d’écriture, le choix a surtout porté sur le latin ou, accessoirement, le grec. Le malheur est que cet usage a fait classer leurs auteurs africains dans les dictionnaires et encyclopédies sous la dénomination de la langue utilisée par leurs soins pour la rédaction de leurs travaux ; à savoir : auteur latin, auteur grec, apologiste chrétien etc... Outre les noms déjà cités ci-dessus il est possible d’en ajouter quelques-uns, notamment.

 
- Empereurs :
 

Caracalla, Geta, Elagabal, Alexandre Severe, Macrin, Gordien 1er, II, et III

 


  Gouverneurs :

 

  en Britania : Urbicus, Crispinus, Martialis, Honoratus,Albinus Postumainus
  Pays de Galles : Paulinus, Haterianus
  Ecosse : Tertulus
  Haute Germania : Crescentianus,
  Basse Germania : Pudens,
  Haute Pannonia :Victor
  Basse Pannonia :Valerius Pudens, Castinus
  Haute Moesia :Anesius Faustus
  Basse Moesia, Gallus - Dacia : Claudinus (Consul)
  Orient : Gallus - Mesopotamia : Candidus - Syrie, SenecioEgypte :Aquila, etc...

 

  Préfets ou Délégués militaires à Madagascar, Pays d’Outre-Mer, ainsi qu’en Sri-Lanka, Philippines, etc...

 
- Ecrivains :
 

Tertullien, Cyprien, Augustin, Lactance, Fulgence, Apulée,Aristippe, Macrobe, Optat, Salvius, Fronto, Manilius, Florus etc...

 

  Sans compter que certains documents citent également à ce même titre d’appartenance ethnique : Dio, Sénèque, Cornutus, Lucain,Averoes, et bien d’autres...

 

  Si leurs noms sont en latin, c’est que cette langue a été celle des Berbères pendant plus de mille ans et que ces peuples ont porté des noms et prénoms latins pendant près de deux mille ans... à savoir, jusqu’à l’arrivée des Français qui leur ont imposé des états civils à consonance arabiste, à partir du Code de l’Indigénat de 1881. C’est dire que les noms patronymiques des Berbères d’aujourd’hui ne sont pas ceux de leurs ancêtres dans une proportion de plus de trois-quarts.

 
Plan du Pouvoir Spirituel
 

  Tant que les Berbères ignoreront que leurs ancêtres étaient chrétiens, et que ce sont eux qui ont christianisé le bassin occidental méditerranéen avec leurs centaines de milliers d’adeptes, leurs milliers de martyrs, leurs milliers de Saints et Bienheureux catholiques, leurs centaines d’évêques, et leurs 4 Papes, ils tourneront le dos aux réalités de leur Histoire.

 

  Classer les Berbères dans la catégorie des Orientaux, lesquels sont des asiatiques, et considérer ces Indigènes au travers de noms ou prénoms à consonance arabiste dont la France coloniale les a affublés, ou bien en fonction de certaines croyances religieuses sémitiques, (parce que les Arabes sont des Sémites) est un acte intellectuellement criminel en ce que ces vues sont des négations de leurs vraies racines africaines et occidentales. Le respect des autres n’implique pas que ces autres vous fassent perdre votre identité qu’il faut connaître, cultiver et défendre. C’est à cela que doit servir la culture. Voilà un merveilleux objectif de Paix.


 
Publié dans : kabylie - Par Balintawak
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Samedi 12 janvier 2008
J'ai ecrit cet article pour la revue amazighe on line www.Afrique-du-nord.com et je le reproduis ici pour les lecteurs qui ne la liraient pas. Ces derniers voudront bien excuser l'absence d'accentuation due au fait que je me trouve en Amerique latine et utilise un clavier espagnol. E.M.




          Les Algériens vivent dans un pays qui nie son algérianite. Depuis longtemps les pays civilises ont renoncé à des étiquettes telles que la France gauloise et chrétienne, la grande Bretagne anglaise et anglicane, les Etats Unis anglo saxons et protestants, l’Allemagne germaine et lutherienne, parce qu’en se definissant par l'une de leurs composantes ethnique et religieuse, ils excluent toutes les autres. Quand quelque parti, d’extreme droite generalement, en vient a employer des expressions qui s’en rapprochent, on assiste aussitot à une levée de boucliers de tout ce que le pays compte d’ intellectuals, d’ organisations de defense des droits de l’homme et de la plupart des hommes politiques. S’il s’agit de la France, M. Mouloud Aounit monte aussitot au creneau portant plainte pour racisme ou xenophobie et se lamente dans les medias contre des critiques de l’islam qu’il assimile à du racisme anti arabe.

En Algerie, c'est le president de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui clame haut et fort que l’Algérie est un pays arabo musulman au mépris de l’histoire et de la réalite, faisant comme si les Arabes qui ont colonise ces contrées et leur ont imposé leur langue et leur religion avaient conquis des terres vierges et inhabitées, comme si l’existence des Berbères etait aussi improbable que celle des martiens, ou comme s’ils avaient totalement disparu de la surface de la terre, ce que le pouvoir souhaite peut-etre.

Et bien, non, Monsieur le president, les Berberes- kabyles, Chaouis, Mozabites, Touaregs...- sont toujours vivants et ils n'ont  pas l’intention de disparaitre. Non, l’Algerie ne fait pas partie du monde arabo musulman et l’algerianité ne saurait se confondre avec la personnalité arabo musulmane. L’Algérie est un pays mediterranéen et berbère, conquis par des Arabes. Allez dans les villages kabyles, Monsieur le president, observez les gens et regardez les vivre. Developpement et religion mis a part, mais ils n'en sont pas responsables, vous verrez, qu’il y a moins de differences entre un paysan kabyle et un paysan sarde, corse ou ardechois, qu’entre un paysan kabyle et un bedouin saoudien ou émirati, un commercant yémenite ou libanais.

C’est de cette non reconnaissance de son “algérianité" que souffre l'Algerie dont, sous pretexte qu’elle appartiendrait au monde arabo musulman, vous refusez de reconnaitre le substrat berbère qui constitue la matrice de son identité avec les differentes influences eurropéennes auxquelles ce peuple a ete soumis   depuis plus de vingt siècles grace à ses relations avec l’Europe. C’est cette auto mutilation que refusait déjà Kateb Yacine en disant de la langue francaise qu’elle etait “ un butin de guerre” a laquelle vous voulez le soumettre en lui imposant une identification au monde arabo musulman dont il ne veut plus plus parce qu’elle est la négation de son histoire et de sa culture vieille de trente siecles. Les Algeriens devront faire un jour le bilan de la colonisation francaise mais ils feront aussi le bilan de la colonisation arabo musulmane qui dure depuis quatorze siecles, qui leur a impose sa langue, sa religion et ses coutumes et qui leur propose pour tout horizon de se dissoudre dans un monde qui, malgre ses immenses richesses, traduit moins de livres que la Grèce. Ce bilan est une priorite pour que l’Algerie accepte enfin son algérianité et cesse d’avancer en boitant sur la voie du progres.

Emile Martinez

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Vendredi 11 janvier 2008

Voyageant  pour quelque temps en Amerique latine, je ne pourrai pas, comme je le souhaiterais, continuer a ecrire avec la meme frequence et la meme facilite. Vous remarquerez d'ailleurs que je n'utilise deja plus les accents ou la cedille qui sont absents des claviers espagnols.  Mais je veux rester avec vous par le coeur et je vous enverrai regulierement une carte postale particuliere,  une belle page sur notre Algerie ou un bref recit de notre histoire. Le plus emouvant de ces textes, c'est que je ne les ai pas choisis moi-meme. C'est un de nos freres kabyles, dont le pseudo est Tazmalt, qui les a selectionnes pour parler de notre histoire a d'autres Kabyles. Choisir un texte avec cet objectif n'est pas chose facile et le choix revele tout autant ceux que l'on presente que celui qui les presente. Dans le regard que Tazmalt  a porte sur nous, je n'ai vu que de l'estime et de la fraternite . Qu'il en soit ici remercie par tous ceux qui auraient voulu quelquefois voir le meme regard chez les metropolitains. E.M.


Mon Algérie à moi, c'était le monde enchanté d'une merveilleuse enfance à la Pagnol 


Détrie, près de Sidi-Bel- Abbès, Oranie. Algérie donc On va vous parler d'un pays qui n'existe plus et dont le souvenir bénit me fermera les yeux. Au milieu, y coulait une rivière, l'oued Mekerra. Pour le reste, plat comme la main. Et sec. Pas de vallées, pas de vertes prairies et pas de ces fleuves comme on voyait sur les photos de la France. Parce qu'on disait " là-bas en France " comme s'il se fût agi d'un pays étranger.
Non, plus banalement, mon horizon était peuplé de vignes, de jardins maraîchers, de champs de melons et de pastèques surmontés d'un monticule que nous appelions le "Télégraphe", un sémaphore optique utilisé en 1856 par mes ancêtres venus d'Allemagne, d'Alsace et de Corrèze. Curieux melting-pot. L'Europe des peuples avant l'heure...
Mon bled ne ressemblait pas à une carte postale suisse mais c'était mon paradis et j'en étais le petit dieu. Mes apôtres - six - se prénommaient Naouar, Djemil, Caïa, Miloud, Ahmed, Abdelmajid. Arabes bien sûr. Mais là aucun souci : petit, déjà, par mimétisme, je parlais leur langue. Et, très tôt, trilingue. Car l'espagnol me vint vite puisque, devant une petite faim, nous "empruntions" un melon ou une pastèque aux bonnasses jardiniers andalous.
Nous avions des journées horriblement chargées. Surtout pendant les vacances. Nos modèles étaient " Pim, Pam, Poum ", les neveux du "capitaine" dont nous nous inspirions pour toutes les bêtises que nous faisions. Comme attacher des boîtes de sardines à la queue d'un chien en plein village à l'heure sainte de la sieste. Résultat garanti mais bonjour les calbotes Tôt le matin, après le Banania réglementaire, il nous fallait vite poser nos pièges à grives et à perdreaux dans les vignes. Avec des fourmis ailées. Comme les aludes du petit Marcel Pagnol. Succès assuré.
Après, on allait, selon l'humeur, chez Sadia, la femme du chauffeur du tracteur du paternel. On y dégustait des pâtisseries arabes faites avec la farine, l'huile et le sucre, là aussi, "empruntés" subrepticement à la maison. Dur, la vie
Naturellement, à table, pas d'appétit. " Le petit ne mange pas, il doit avoir besoin de vitamines " se lamentait la maman ". Tu parles. " Curieux, il n'a pas l'air malade ", répondait, un peu ailleurs, mon père. Je pétais la forme. J'enrageais surtout de devoir rester à table car, purée, c'était l'heure d'aller relever les pièges ! J'entendais alors parler les adultes de Degol, Molé, Pétin, Nassère, comme naguère l'oncle Jules parlait des radicots avec Joseph, le papa-instit du petit Marcel.
La guerre ? Elle me passait au-dessus. On disait pudiquement " les événements ". Seul inconvénient : relever les pièges avant le couvre-feu militaire, à six heures. Et, à six heures, l'été, purée, il fait soleil !
Le dimanche soir, nous écoutions la retransmission des matches de "ballon" à la TSF. Notre SCBA (Sporting-club de Bel-Abbès) gagnait tout le temps. Normal. C'étaient des pros avant l'heure. L'un avait un bistrot, l'autre une station-service. Il y avait des pépètes, la vigne, hein. " Oui, et surtout les joueurs de la Légion étrangère ! " relevaient, d'un doigt vengeur, les Algérois. N'empêche, on les "niquait" toujours et ils avaient la rabia, la rage.
Et puis, d'un coup, le vent de l'Histoire a tourné et nous a poussés de l'autre côté de la mer. Adieu petits copains arabes jamais revus. Adieu risible petit royaume enchanté. " La France, c'est pas que c'est pas bien mais c'est pas comme chez nous ". Comme là-bas.

Là-bas, c'était le jardin d'Allah... On ne se remet jamais d'avoir goûté au paradis. " Mektoub ", c'était sans doute écrit. C'est tout...

Georges BURY (ML)

Publié dans : Images de l'Algérie coloniale... - Communauté : Pieds-noirs du monde entier - Par Balintawak
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Samedi 5 janvier 2008

 

 

      J’imagine toutes les questions que peuvent se poser ceux qui me connaissent, de près ou de loin, en lisant sur mon blog les articles ou, dans différents forums, les post, où je défends le droit des Kabyles à devenir chrétiens et dénonce les dangers qui les menacent.  Je vois d’ici la mine réjouie des plus optimistes qui s’exclament : « enfin, il a été touché par la grâce, le voila qui revient vers Dieu ». Un ami ne m’a-t-il pas dit un jour que j’étais « un chrétien qui s’ignorait » parce que je m’étais enflammé pour je ne sais quelle cause humanitaire ? J’entends aussi les plus virulents : « Ah, ses discours sur le racisme n’étaient donc que des boniments. La vérité éclate, il n’aime pas les Arabes et il déteste l’islam ». Et,  plus venimeux encore : « ce n’est qu’un fils de colon qui se réjouit des divisions de l’Algérie, qu’il aille donc brûler en enfer ».

En réalité je n’aime aucune religion, « ces névroses de l’humanité » dont parlait Freud, et je n’établis pas de préférence ethnique, culturelle ou religieuse dans l’amour que je porte à mes semblables. Si les Arabes constituaient une minorité ethnique en  Algérie et si on leur refusait les droits politiques et culturels que toute démocratie doit accorder à ses minorités, dont celui de pouvoir choisir librement et en toute sécurité sa religion, de l’exercer dans l’espace privé ou dans ses lieux de culte, sans contrainte ni discrimination, de pratiquer sa langue et de faire vivre sa culture, j’écrirais des articles et je sèmerais des post sur les forums en leur faveur. Et si c’étaient les Kabyles qui les opprimaient, je prendrais le parti des Arabes contre les Kabyles. Mais voilà, c’est l’inverse qui se produit. Un mouvement est né en Afrique du Nord parmi les Berbères qui, devant la menace de mort pesant sur l’une des plus anciennes cultures du bassin méditerranéen ( au moins 3000 ans attestés par l’archéologie), rappelle que ce peuple a été conquis et islamisé par la force au 7 ème siècle, qu’il avait une histoire brillante avant l’arrivée des Arabes et qu’il refuse de se dissoudre dans le magma d’un monde arabo-musulman à l’avenir incertain dans lequel il ne voit aucun  espoir de progrès et de démocratie. Il revendique en conséquence un large espace d’autonomie. Cette revendication paraît d’autant plus légitime que nul n’ignore depuis les travaux de Georges Marçais que les Nord Africains qui s’imaginent Arabes ne sont en réalité que des Berbères islamisés, les envahisseurs ne disposant pas d’une population suffisante pour peupler l’ensemble de leurs conquêtes. Ce n’est donc pas d’un conflit religieux qu’il s’agit comme certains voudraient le laisser croire, le retour de certains Berbères au christianisme de leurs origines n’étant que l’une des nombreuses manifestations de leur volonté de récupérer une identité perdue. Seuls les islamo fascistes qui n’attendent qu’une opportunité pour massacrer ces  chrétiens comme ils l’ont fait en Egypte, au Soudan, en Irak, en Indonésie, au Nigeria et ailleurs, parlent de guerre de religions. En réalité, la revendication d’autonomie des Kabyles qui ne date pas d’hier, est soutenue tout autant par les chrétiens que par les musulmans kabyles. Ce serait donc l’honneur des intellectuels arabes et musulmans, notamment français, de la soutenir de la même façon que certains Français ont soutenu la lutte pour l’émancipation des Algériens. J’espère d’ailleurs que certains démocrates le font mais j’avoue ma grande déception quant à l’attitude des leaders religieux. Le monde musulman s’embrase sous leurs yeux. La chaîne de télévision qatarie Al-Jazira  ose  réaliser un sondage sur Internet avec cette question : «  êtes vous favorables aux attentats d’Al Qaeda en Algérie»  et 54% des internautes répondent par l’affirmative dix jours seulement après une action terroriste qui a fait 41 morts.   Un sondage de grande ampleur commandé par le très sérieux hebdomadaire marocain Tel Quel et réalisé par deux politologues et un anthropologue marocain secondés par une vingtaine de chercheurs établit à partir de 150 questions posées à un échantillon de 1156 Marocains que 57% désapprouvent la mixité sur les plages, 83% approuvent le port du voile, 40% refusent tout contact entre juif marocains et musulmans marocains, 44% sont favorables à la polygamie, 61% n’acceptent pas la cohabitation entre croyants et non croyants, 71% refusent qu’un musulman change de religion, 66% pensent que dans l’Islam il y a une solution à tout (médecine,science, économie, politique, technologie), 49% se disent musulmans avant d’être marocains  et 17,6% soutiennent les mouvements djihadistes que seulement 29% désapprouvent. Non, le monde arabo musulman n’évolue pas dans le sens de la fraternité et de la paix avec ses semblables. Je dirai même qu’il régresse par rapport à cet islam tolérant et bon enfant que j’ai connu, il y a bien des années, en Algérie et en Tunisie. Alors, quel est son vrai visage ? Celui qui séduisait les orientalistes par son humanisme, ou celui de ces fascistes délirants qui veulent reconquérir l’Andalousie, faire de nous des « dhimmis » soumis à leurs lois et nous convertir tous par la force ? On pourrait s’attendre à ce que, au moins en Europe, les docteurs de la foi musulmane  censés ramener les égarés sur le chemin de la raison et répandre les principes de la sagesse et de la paix,  se mobilisent de toutes leurs forces contre la peste qui nous menace mais il n’en est rien. A Paris, le Dr. Boubakeur, président du conseil français du culte musulman, grand ami de Jacques Chirac qui imposa sa nomination, recteur de la mosquée de Paris, ne trouve pas autre chose à faire qu'écrire un texte intitulé « Alimentation et Islam. Les interdits » et sous-titré « Dis moi ce que tu manges et je te dirais qui tu es ». Parlant du cochon "Sus scrofa domesticus", le Dr. Boubakeur explique doctement que « la souillure que représente la vue, la fréquentation et la consommation de cet animal semble trouver son origine dans ses comportements : animal qui patauge dans la fange et ses excréments que ce suidé avale à l’occasion, il dévore les serpents comme le porc épic et, ainsi que le note Al Djahiz dans son Hayawan (II.52), son ardeur à prolonger l’acte d’accouplement ont tôt fait de lui attirer le mépris et le discrédit ». Comme le fait fort justement remarquer l’un de mes amis kabyles, « cochon, mangeur de cochons, même souillure ? C’est une question qui mériterait en tout cas de lui être posée ». Mais il y a pire, encore. Dans le monde entier de soit disant docteurs de la foi décrètent les plus absurdes et les plus ridicules des fatwas. Un autre de mes amis kabyles  écrit : « Il y a(vait) déjà une fatwa contre le sexe des chèvres, une autre contre la café (car produit nouveau non mentionné dans le Coran pouvant être dangereux pour les musulmans), une autre pour l'allaitement de son collègue de travail, une autre aussi contre les fraises (car leur forme rappelle celle du gland du sexe masculin), une autre contre la vache avec laquelle un homme aurait forniqué, mais qui redevient hallal si on lui applique un rituel déterminé  … ça peut prêter à rire ou à pleurer, mais ce sont toutes des fatwas réelles ! »

Tout cela se passe loin de chez nous et ne nous concerne pas? Détrompez-vous, voila ce que l'on prêche en Europe:

04 Janvier 2008 | Pays-Bas | Source : Mediarabe.info  Décret islamique interdisant le vélo aux femmes  
 

 
En l’absence de toute autorité religieuse reconnue, chargée de valider les fatwas, chaque ouléma autoproclamé peut prétendre justifier ses décrets et les légitimer par ses propres interprétations du Coran ou de la Tradition.  
 
C’est exactement ce dont souffrent de larges catégories de la population musulmane à travers le monde, et plus précisément en Occident. Pourtant, ces populations se sont réfugiées en Europe pour vivre la modernité et la liberté, fuyant l’autoritarisme religieux qui fait ravage dans leur pays d’origine.  
 
La dernière polémique relatée par le site « Elaph.com » (29/12/207) en est une bien triste illustration, qui frôle le « ridicule », comme le fut la fatwa sur « l’allaitement des grands ». En effet, la dernière trouvaille concerne une fatwa qui interdit à la femme musulmane de pratiquer le vélo, car, selon les religieux qui la répandent, « enjamber la selle du vélo suscite chez la femme une excitation sexuelle, et le vélo devient, de ce point de vue, un objet prohibé ».  
 
Les musulmanes vivant aux Pays-Bas n’ont pourtant pas d'autre choix que d’utiliser le vélo, le moyen de transport le plus populaire en Hollande, avec plus de 30 millions d’unités dans le pays. D’autant plus que de nombreuses femmes peinent à s’offrir un permis de conduire et une voiture, et se retrouvent ainsi dans l’obligation d’apprendre à pédaler et de braver ces interdits. Les musulmanes les plus conservatrices respectent la fatwa à la lettre, et assimilent le vélo à un objet sexuel. Elles sont confortées dans leur approche par l’interprétation du cheïkh Kamal Al-Faïdy, qui estime que « la fatwa interdisant le vélo est exécutoire et doit être appliquée par toutes les femmes ». Pour lui, « la femme, bien qu’elle soit correctement voilée, risque de laisser apparaître certaines parties de son corps quand elle enjambe une selle de vélo, ce qui est en soi prohibé ». De plus, le religieux estime tout simplement que « le fait d’écarter les jambes d’une femme, pour pratiquer le vélo, est excitant sexuellement, et la femme doit s’abstenir… »  
 
« Elaph.com » a interrogé plusieurs femmes musulmanes, d’origine somalienne, irakienne, algérienne ou marocaine... Elles sont partagées entre l’utilité du vélo, un outil de transport indispensable, la fatwa le prohibant, et les difficultés d'apprendre à en faire. Ainsi, Hassiba, une marocaine, s’est retrouvée à l’hôpital après une chute  sa robe s'étant coincée dans la chaîne du vélo... Malheureusement pour Hassiba et ses semblables, son accident peut conforter les religieux dans leur refus du vélo, à moins qu’ils n'imposent le vélo en short ou en bermuda !  
 
Notons que plusieurs dizaines d’internautes ont réagi à cet article, sur « Elaph.com ». Les plus radicaux approuvent l’interdiction du vélo pour la femme, mais de nombreux intervenants rappellent que les femmes, durant les conquêtes musulmanes des premiers siècles, contribuaient au jihad à dos de chameaux dont la pratique est bien plus excitante sexuellement que le vélo. Et de ce fait, ils dénoncent l’auteur de la fatwa interdisant le vélo estimant qu’il contredit les pratiques des premiers compagnons du Prophète.  
 

Traduction et synthèse de Randa Al-Fayçal.  

 

 

Alors, oui, athée depuis longtemps, je me sens solidaire de tous ces nouveaux chrétiens qui refusent de vivre dans un univers culturel et idéologique enfantant de tels monstres et je leur dis bienvenue dans le monde des esprits libres. Certains deviendront peut-être un jour agnostiques, athées, bouddhistes où retourneront à l’Islam. Ils ne seront prisonniers d’aucune idéologie et ils pourront alors le faire en toute liberté car personne, ici, ne les menacera de mort pour apostasie. Enfin je voudrais rassurer mes amis libres penseurs et aussi tous ceux qui pourraient avoir l’âme triste  après la découverte d’une réalité qu’ils ignoraient peut être, en leur faisantl lire cette page d’un esprit libre, l’écrivain Patrick Declerk, citée par Afrique-du-Nord.com/forum/ que je vous invite à visiter.

Je hais l'islam, entre autres..., par Patrick Declerck

Kant rendait hommage à Hume pour l'avoir éveillé de ses années de somnolence dogmatique. Mais s'il était une somnolence dogmatique particulière à la démocratie ? Mais si la démocratie, au-delà de ses institutions politiques, avait la propriété sournoise et insidieuse de créer, de par ses prolongements idéologiques, un effet opiacé, soporifique ? Une douce sidération de la pensée ? Quelque chose comme l'équivalent de l'incision des lobes frontaux, laissant le sujet citoyen plaisamment semi-conscient, mollement béat. 
en fin de compte aussi une maladie mentale ?

Mais si la démocratie était en fin de compte aussi une maladie mentale ?

Ainsi, par exemple, la proposition : "Je hais l'islam." Voilà bien quelque chose qui, en bonne compagnie, ne se dit pas. Et ce pour plusieurs raisons, qu'ânonnent, dans un bel ensemble, les boy-scouts de tout bord.

D'abord, en ces temps de tolérance programmatique et de vacuité d'un respect exigé a priori, "haïr" ne se fait plus. C'est même pratiquement illégal. Et d'un laisser-aller des plus odieux... Ainsi, nos dogmes politico-religieux - et la démocratie a placé l'homme à la place très exacte qu'occupait la divinité dans l'ancienne architectonique de la théologie chrétienne - nous interdisent de penser l'ennemi, de le concevoir, de se le représenter. Bref de le haïr.

Un bel esprit, bien scrupuleusement de centre gauche, annonçait récemment qu'il n'avait pas d'ennemis. Enfant ! Comme si le choix était possible, comme si l'ennemi était subjectif... La subjectivité, l'affect, l'émotion, voilà aujourd'hui ce qui, pour les démocrates, tient lieu de pensée.

Aussi la question se pose : la démocratie permet-elle, dans son fondement, dans son essence même, qu'existe encore un fait ? Un fait objectif ? Que subsiste, quelque part, l'heuristique morsure du principe de réalité ? Non. Non, car la démocratie n'est in fine que le dernier masque avili et souillé du christianisme, cette vieille consolation des esclaves de Rome. Cette religion fondée par un homme tellement affolé par la perspective du conflit œdipien face à un père réel qu'il alla jusqu'à s'imaginer, malheureux psychotique, un père céleste... Or "la guerre et le courage ont fait plus de grandes choses que l'amour du prochain. Ce n'est pas votre pitié mais votre vaillance qui jusqu'à présent a sauvé les malheureux." Ainsi parlait Nietzsche ! Ainsi parlait Zarathoustra ! Ainsi parlait la virilité !

En attendant, en face, on s'organise. On s'organise, on planifie, on égorge et on décapite... Je hais l'islam... Mais on ne critique pas l'islam. Ou alors, seulement avec une très prudente obséquiosité et mille précautions langagières. En s'entortillant, confus, dans la périphrase, le néologisme et la litote : ce n'est pas d'islam, mais d'islamisme qu'il s'agirait. Pas de religion, mais de fanatisme. Pas de contre-racisme, mais de communautarisme...

Et l'on se tourne vers les discutables secours des recoins de l'histoire. Morceaux soigneusement choisis. De l'islam, on vante avec nostalgie le passé brillant. On exhume l'un ou l'autre érudit, de préférence sourd, aveugle et sénile. Ça ne manque pas. On le dépoussière rapidement. Et on lui fait rappeler fort à propos que, cependant, Avicenne, au XIe siècle...

Très drôle vraiment ! Un peu comme si Erasme, More et Montaigne effaçaient, de par leur seule grandeur, le scandale des guerres de religions interchrétiennes ou celui de quatre siècles de livres mis à l'Index par l'Eglise de ces catholiques, forts récents champions de la tolérance tout-terrain. Et fort récents parce que, faut-il le rappeler, fort récemment contraints à le devenir...

Les religions sont des névroses de l'humanité, disait Freud. Mais il est, n'en déplaise, névrose et névrose... Le judaïsme tend à la névrose obsessionnelle : le rite pour le rite. Au cœur du christianisme se tapit l'espoir anxieux de noyer le pulsionnel dans un indifférencié asexué : l'amour christique, cette tisane tiède... L'islam, lui, tend à rendre fou parce qu'il instaure un partage entre les sexes extraordinairement et spécifiquement pathologique : une horreur et une terreur de la femme et de sa jouissance sexuelle fantasmée comme toute-puissante.

Face à cette dernière, il ne reste d'autre solution à l'homme que l'oppression farouche de toute féminité. Oppression d'autant plus radicale qu'elle a pour fonction première de recouvrir de son voile phobique le vertige secret, intime, muet, mais omniprésent, de l'impuissance masculine et de son éternel compagnon, la répulsion-tentation de l'homosexualité latente... D'où la nécessité aussi de l'alliance érotisée et défensive des "frères" de l'islam. Devant les hallucinatoires menaces du vagin denté, la sécurité et la fuite résident dans le nombre. Ainsi, pour se protéger, l'homme musulman vit-il en banc. Comme les petits poissons...

Je hais le fait religieux en général, parce qu'il aliène l'homme en lui faisant prendre des messies pour des lanternes. Je hais l'islam en particulier, parce que l'islam est un système d'oppression tragique des deux sexes.

En attendant, en face, on s'organise. On s'organise, on planifie, on égorge et on décapite... J'entends bien qu'indiscutablement une majorité de musulmans désapprouvent ces actes. Pourtant je persiste à haïr l'islam, parce qu'en tant que système de pensée et d'être au monde il permet la guerre sainte. Il permet la charia.

L'égorgement et la décapitation y sont toujours présents, ne serait-ce qu'en tant que possibilité structurelle, car il est au cœur de l'islam, un topos pour cela. Tout comme la pensée tardive de Marx abrite, en son sein, la pérenne potentialité des affres des dictatures prolétariennes. Tout comme le christianisme est inextricablement, consubstantiellement vérolé d'antisémitisme...

... dénoncer aujourd'hui les féroces imbécillités des croyances religieuses est plus qu'un plaisir, c'est un devoir. Et un honneur. Celui de montrer qu'il est possible d'exister debout, sans béquilles et sans illusions. Cette haine de l'islam, je revendique publiquement le droit de l'exprimer. Publiquement. Quitte éventuellement à transgresser, oui, les lois de la République.

En
ces temps où, une nouvelle fois, la religion fait la guerre, il urge de revendiquer encore, et toujours, et hautement, la dignité supérieure de l'homme sans dieu.

Patrick Declerck est psychanalyste et écrivain, auteur de "garantie sans moraline" (flammarion, 2004).

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 12.08.04 journal le monde


 

Publié dans : kabylie - Par Emile Martinez
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Jeudi 3 janvier 2008

 

 

           Nous avions honte jusqu’à présent du comportement de notre  pays à l’égard des Harkis attirés par de fallacieuses promesses dans les rangs de l’armée française, abandonnés ensuite aux mains des égorgeurs et, pour finir, croupissant de longues années durant dans des camps de regroupement sans que nos différents gouvernements tiennent les promesses qu’ils leur avaient faites.

Je crains que nous n’ayons à rougir demain de notre peu d’intérêt  pour le sort des Berbères, et surtout des Kabyles, qui depuis 1962 mènent une lutte sans merci pour la défense de leur identité retardant du même coup l’avènement d’une république islamique à moins de mille kilomètres de nos côtes.

Soyons clairs. Le problème des Kabyles n’a rien à voir avec celui des Harkis. Ce sont des nationalistes qui ont été le fer de lance de la Révolution algérienne et qui ne se battent pas pour le retour des Français en Algérie mais pour leur survie en tant que peuple face à l’hégémonie d’un régime se disant arabo-musulman alors que la grande majorité des Algériens est composée de Berbères islamisés et que la religion musulmane y a été imposée par le sabre (becif) dont l’emblème orne toujours le drapeau de l’Arabie saoudite. Ce que les Kabyles veulent, c’est l’avènement d’un régime dans lequel ils pourraient jouir d’une large autonomie politique, vivre dans une démocratie, obtenir un statut pour leur langue égal à celui de l’Arabe, pratiquer la religion de leur choix. Rien qui ne choque un démocrate mais l’Algérie n’et pas une démocratie.

Les Kabyles  mènent donc aujourd’hui un combat qui mérite tout notre respect et toute notre estime: ils luttent pour la récupération de leur passé historique et la réintégration dans leur mémoire collective de l’époque où leur territoire qui était l’un des plus florissants du monde chrétien apporta une contribution exceptionnelle au développement du catholicisme auquel ils donnèrent quatre papes et deux brillants théologiens, Saint Augustin et  Tertullien.

Il faut faire connaître ce combat qui n’est dirigé ni contre les Arabes, ni contre l’islam mais contre les islamo fascistes qui pratiquent une lecture moyenâgeuse du Coran et  les dictatures qui  traitent avec eux.  Qui, parmi nous, sait que Lounes Matoub, le barde kabyle assassiné le 25 juin 1998, refusait de parler arabe et ne s’exprimait qu’en kabyle et en français pour protester contre l’uniformisation culturelle voulue par les autorités de son pays, qu’il luttait pour l’instauration de la démocratie et de la laïcité, pour l’égalité entre les hommes et les femmes dans une société restée en grande partie patriarcale et qu’il rêvait d’un monde berbère renouant avec ses origines chrétiennes ?  

Quelque temps avant sa mort Matoub Lounes disait : « Je suis de la race des guerriers. Ils peuvent me tuer mais ils ne me feront jamais taire. Je préfère mourir pour mes idées que de lassitude ou de vieillesse. » Et bien, après l’avoir assassiné en Kabylie, on l’a fait taire à Paris. Un colloque à sa mémoire  prévu à l’Hôtel de ville le 26 septembre a finalement été annulé par le maire, Bertrand Delanoë, sous prétexte que l’événement n’était pas compatible avec la campagne électorale des municipales, en réalité, à cause de pressions venant des autorités algériennes qui s’offusquaient que l’un des thèmes prévus  au cours du colloque portât sur l’impunité des assassins de Matoub Lounes. Nous en avons assez de ces politiciens qui courbent l’échine devant les dictateurs, qu’ils s’appellent Wladimir, Abdelaziz ou Mouammar pour quelques barils de pétrole et font de notre pays, le pays de la Révolution et des droits de l’homme, la risée des démocraties. On dit, que Monsieur Delanoë se prépare pour les prochaines présidentielles. Et bien, j’affirme ici, haut et clair, qu’il n’aura pas ma voix s’il n’a pas d’ici là réparé l’affront qu’il vient de nous faire.

L’autre question préoccupante aujourd’hui est celle de l’Union méditerranéenne que le Président Sarkozy s’efforce de promouvoir. Pour nous, Pieds-noirs et Méditerranéens, c’est une idée à priori séduisante. Mais quel sera le prix à payer, pour les Berbères notamment ? Dans quatre au moins des états concernés, Libye, Algérie, Maroc, Tunisie, les Berbères ne jouissent d’aucun droit spécifique ou estiment que les droits qui leur sont accordés sont insuffisants. Or, tous ces régimes se réclament de leur appartenance au monde arabo-musulman et nient ou minimisent leur composante berbère. Est ce à dire que, par leur intermédiaire, l’Arabie saoudite ou l’Irak, pays arabo-musulmans, exerceraient dans cet ensemble, par le jeu de leur influence, des droits que l’on ne reconnaîtrait pas aux Berbères ? Allons plus loin encore ! Si l’on ne faisait pas de la laïcité et de la démocratie des principes intangibles et incontournables de l’Union méditerranéenne, qu’est ce qui empêcherait l’Iran ou le Pakistan  d’y intervenir à travers  la Uma, la grande communauté des croyants qui prime sur les nations pour les musulmans intégristes ? Alors, oui à l’Union méditerranéenne, mais à condition qu’elle regroupe des Etats démocratiques et laïques où les droits des peuples d’origine comme les Berbères d’Afrique du Nord seraient sauvegardés .

 

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