Samedi 16 février 2008

De Batna à Marseille, un voyage sans retour

Le 18 juin 1962, trois femmes d’une même famille quittent Batna pour rejoindre l’Hérault.

Au restaurant du Sidi Ferruch , on lui a servi des petits pois. Mais Paule Tedeschi n’a pas faim. Elle fixe la mer qui sans cesse apparaît et disparaît derrière le hublot. Avec Marie-Jeanne, sa mère et Frédérique, sa fille de quatre ans, elles quittent l’Algérie. Tôt ce 18 juin 1962, elles sont parties de Batna pour rejoindre le port de Philippeville. Deux cents kilomètres en voiture, sur des routes où les mines et les barrages sont à craindre. Avec elles, le chien, les deux canaris dans une cage et la tortue casée dans une boîte à chaussures. « Des incivilités de plus en plus fréquentes » , explique Paule, les ont contraintes à ce départ précipité. Maurice, son mari, les accompagne jusqu’au port. Nées à Batna, Marie-Jeanne, Paule et Frédérique n’ont jamais mis les pieds en Métropole et n’y connaissent personne : « On était déboussolées. On partait pour sauver nos vies ».

Quelques mois auparavant, la famille Tedeschi a acheté un appartement à Castelnau-le-Lez (Hérault) trouvé « grâce aux petites annonces de La Dépèche d’Alger. On l’a pris comme on le fait avec une assurance-auto, en espérant n’avoir jamais à s’en servir ». Ce trois-pièces-cuisine est maintenant leur seul point de chute de l’autre côté de la Méditerranée. Sur le port de Philippeville, il règne une chaleur torride et les quais sont noirs de monde. « Mon mari a dû prendre la petite sur ses épaules afin qu’elle puisse respirer » . Les gens se bousculent pour retirer leurs places, des personnes de la Croix-Rouge proposent leur aide. Le moment le plus difficile est l’embarquement sur le Sidi Ferruch : « C’était les grandes eaux de Versailles » , se souviennent Marie-Jeanne et Paule. A bord, les voyageurs s’agglutinent au bastingage pour regarder les quais s’éloigner. Les cabines sont toutes louées. Marie-Jeanne, Paule, Frédérique s’installent avec leurs animaux sur des chaises longues : « Nous avons passé toute la traversée sur le pont. Mais je n’en ai pas de mauvais souvenir, à part un peu de roulis et ma fille qui, découvrant la mer, voulait toujours aller marcher sur les eaux » , raconte Paule. Arrivées à Marseille, elles hèlent un taxi qui refuse de les prendre : « Il nous a dit qu’on n’aurait jamais dû venir en France ». Elles réussissent à rejoindre Montpellier, y cherchent un hôtel pour passer la nuit, « pas facile à trouver avec les animaux » , et le lendemain s’installent dans leurs trois pièces-cuisine de Castelnau-le-Lez. Des matelas par terre, un camping-gaz, une casserole et des fourchettes. « On a eu de la chance, les quelques meubles que nous avions mis dans un container sont arrivés. Ils n’ont pas été perdus, ni trempés dans le port de Marseille comme tant d’autres » . Une voisine, les voyant sans table, ni chaises, leur prête du mobilier de camping. Maurice les a rejoint quelques jours plus tard. Il est arrivé d’Alger où il avait pris l’avion : « Dans la ville, les gens se marchaient dessus, c’était la panique. A l’aéroport, avant d’abandonner leur voiture, beaucoup y mettaient le feu ».

A Castelnau-le-Lez, les premiers temps sont durs. « Un rien nous démoralisaient. Nous voulions repartir » , se souviennent Marie-Jeanne et Paule. Le soir, elles discutent, se rappellent Batna et ses beaux paysages. Et surtout Saïd, un chaoui qui travaillait depuis des années à leur service. Quand il avait fallu le quitter, tout le monde s’était mis à pleurer. « Je me souviens de lui, avec son cheich, dit Frédérique. Je n’avais que quatre ans, mais j’ai compris qu’en lui disant "au revoir", je vivais un moment important ».

Anne-Marie SCHALLER (ML)

 

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- Communauté : Pieds-noirs du monde entier - Par Anne Marie Schaller ML
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Samedi 16 février 2008

Rendez-nous l’Algérie, on l’a payée très cher !

J’adresse cette lettre, à vous qui êtes « grands » pour reprendre l’immortel Boris Vian. Au commencement, je dois dire, sans présumer bêtement que vous le savez déjà, que je n’éprouve aucune haine à votre égard, ni envers personne de quelque obédience qu’il soit. Je sais que vous serez surpris, messieurs, par cette disposition typiquement algérienne à pardonner aux bourreaux. Oui, Messieurs, même si je ressens, comme tous mes concitoyens, les morsures de l’injustice, je ne vous abhorre guère, parce que je crois, tout naturellement, que personne ne porte dans ses gênes l’arbitraire et la haine de son peuple.

Nous vous pardonnerons, mais partez, rentrez chez vous et laissez l’herbe pousser sur cette terre que vous avez asséchée. Partez, à quoi bon continuer à faire saigner ce peuple qui a connu tant d’épreuves et de malheurs ? Messieurs, seuls les grands actes font de grands hommes et, à cet égard, votre départ sera votre plus beau chef-d’oeuvre. Partez, c’est le meilleur service que vous puissiez rendre à cette Algérie qui ne mérite pas d’être sacrifiée à l’ingratitude puante de l’avilissement et de l’indignité. Laissez votre peuple choisir, vivre et goûter enfin la douceur de la Liberté. Laissez-nous instaurer un gouvernement de salut public pour apurer le passif de vos terreurs. Faites un effort et laissez le peuple bannir l’humiliation et l’arbitraire. Laissez-le reconquérir sa dignité, même si le mot dignité ne signifie rien pour vous. Assumez, pour une fois dans votre vie, la responsabilité morale du désastre national que vous avez provoqué et dont vous êtes coupables. Sachez messieurs que le peuple qui a fait de vous des seigneurs sur des trônes dorés, n’est pas une tribu ennemie. Il n’est ni un butin de guerre pour le mépriser, ni un fonds de commerce pour le négocier. Partez messieurs. Emportez vos sacs de devises, vos servantes, vos maîtresses, vos impostures, vos matraques et vos machines à truquer les élections. Partez, la démocratie et le progrès ne peuvent pas s’accommoder d ´une pègre de votre espèce tout comme la Liberté ne peut coexister avec la terreur et les lois d’exception. Partez messieurs, vous êtes la négation absolue de tout ce qui symbolise la noblesse et la perfection. Partez, pour que les Algériens puissent enfin respirer l’air frais de leur pays et tirer profit des richesses de leur sol.

Ne craignez rien, messieurs, nous vous pardonnerons. Nous vous pardonnerons même si vous avez opprimé notre peuple, affamé des millions de personnes, perverti les mœurs politiques de l‘État, instauré un climat de terreur, trituré notre Histoire, bombardé nos villages, assassiné nos héros, emprisonné nos opposants, parasité nos institutions, abruti nos enfants, martyrisé et exilé notre jeunesse, bradé nos richesses, vidé nos banques, pollué nos valeurs et nos repères. Nous vous pardonnerons même si nous savons que les caisses de l’État se vidaient en même temps que vos comptes en devises grossissaient dans les banques suisses. Partez et nous jurons, sur la tombe de Bachir Hadj Ali, que les corrompus ne seront pas dépossédés des bénéfices de leur rapine et que les tortionnaires ne seront point torturés.

Connaissez-vous Mahatma Gandhi ? Non, vous ne savez rien, parce que vous n’avez pas usé, comme nous autres algériens, vos culottes sur les bancs de l’école. C’est ce monument universel qui disait qu’il faut laisser une ouverture pour que l’ennemi puisse s’en aller. Nous vous laissons donc cette lucarne pour déguerpir comme un démon qui quitte le corps meurtri d’un individu possédé.

Non, je ne vous demande pas de lire Gandhi, à l’impossible nul n’est tenu. D’ailleurs, comment oserais-je demander aux généraux de lire quand je sais que le meilleur d’entre eux ne fut guère que sergent ou adjudant dans l’armée française ? Comment leur demander de lire Voltaire quand je sais, et j’en suis certain que leur niveau intellectuel est au-dessous de leurs bottes ? Comment demander au « ministre d’État » Bouguerra Soltani de lire Tocqueville ou Montesquieu quand je sais qu’il a pratiqué la sorcellerie pendant plus de quinze ans avant de venir à la politique comme on va à la chasse ? Mais dites-moi, comment demander au chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, d’expliquer la dialectique hégélienne quand tout le monde sait qu’il n’était qu’un modeste enseignant de langue arabe à Tiaret ? Allons-y, dites-moi comment aurais-je le courage de demander à Amar Tou, ministre de la Santé publique de parler des derniers progrès réalisés dans le domaine médical alors qu’il n’était qu’un obscur responsable dans une semoulerie ? Dites-moi encore comment puis-je demander à Boudjemâa Hichour, ministre des Postes et des Technologies de l’Information et de la Communication d’expliquer les dernières inventions de Microsoft quand je sais que, dans un passé très récent, il n’était qu’un inconnu pigiste dans un journal sportif basé à l’est du pays ? Comment oserais-je demander à Amar Sâadani, président de l’Assemblée nationale, d’expliquer ou d’appliquer les principes élémentaires de la législation mise au point par Jean Jacques Rousseau quand je sais que ce magnat originaire d’El-Oued n’a même pas terminé son certificat d’études ? Oui, Monsieur Sâadani, nous savons que vous vous êtes inscrit, il y a trois ans, à la faculté d’Alger pour broder une licence en sciences politiques et que l’un de vos professeurs — M. Berkouk que je salue au passage — vous a « gratifié » d’un grand zéro sur votre copie d’examen (Relations internationales).

Tous les dirigeants du monde entier font des études afin de suivre une carrière politique, mais en Algérie, c’est l’inverse qui se produit. On devient, d’abord haut responsable de l’État puis on pense faire des études ! N’est-ce pas une honte messieurs les dirigeants ? Non messieurs, je n’ose pas vous demander de lire quoi que ce soit, puisque le seul domaine dans lequel vous excellez vraiment est celui du mensonge et du terrorisme d’État. En rappelant ce que vous êtes, je ne veux aucunement me moquer de votre inculture. Mon éducation algérienne ne me permet guère de rire de la faiblesse de quelqu’un fut-il mon bourreau, parce que, je crois tout simplement, que l’analphabétisme n’est pas un défaut. Surtout quand l’inculte ne ressent pas cette nécessité superflue d’agrémenter son curriculum vitae par des titres clés en main et des diplômes fictifs.

Non, messieurs, vous n’êtes pas le meilleur de ce qu’a enfanté l’Algérie. Vous n’êtes qu’un conglomérat d’illettrés et d’arrivistes. À bien des égards, vous symbolisez l’abysse le plus profond qui puisse exister. Allez voir, en France, au Canada, en grande Bretagne, en Australie même, tous ces jeunes de haute stature que votre concussion a jetés sur les sentiers tortueux de l’exil. Non, messieurs les dirigeants, pour ces bourgeons dignes et compétents, Paris, Ottawa, Sidney, Washington et Londres ne sont ni des lieux de villégiature ni des capitales financières comme vous avez fait de Genève. Mais allez voir cette jeunesse au regard pénétrant que vous avez écarté, disqualifié et anéanti. C’est votre trahison qui les a déportés loin de leur patrie laissant derrière eux des pères accablés, des mères éplorées et un pays sanguinolent. Cependant même loin de leur pays, l’Algérie demeure leur unique adresse malgré vos bassesses.

Mais voyez ce peuple que votre veulerie a réduit en esclavage, maintenu indéfiniment dans le sous-développement et la misère. Regardez comme il trime pour reconstruire, pierre par pierre, ce que vous avez détruit pendant plus de 40 ans de pillage et de rapine. Contemplez votre « chef-d’oeuvre », chers messieurs. Un pays ravagé par la barbarie, déchiré par l‘arbitraire, gangrené par la corruption, vidé de ses forces vives, rongé par la culture de l’impunité et réduit au peloton des nations les plus infréquentables du globe. Le trafic d’influence, le détournement des deniers publics, la fuite des capitaux meublent le quotidien de ce pays que votre génie maléfique a poussé dans le précipice. Bon sang ! Regardez, si vous êtes en mesure de percevoir l’ampleur du désastre. Hélas ! « ne ressent la brûlure que celui qui met sa main dans le brasier » dit un proverbe de chez nous.

Interrogez les jeunes manifestants du 5 octobre 1988. Ils sont toujours si jeunes, si frêles, malgré les tatouages indélébiles qui entaillent leurs corps desséchés par la torture et les traitements dégradants. Ils ont toujours la gorge creusée par la douleur et le coeur plein d’animosité à l’égard de Yazid Zerhouni, de Ali Tounsi, de Mohamed Betchine et de tous ceux qui se sont retrouvés au sommet de la pyramide en grimpant par dessus les cadavres. Qu’avez-vous, messieurs, gagné en plantant vos dents pointues de vampires dans la chaire vive des Algériens ? Dans vingt ans, peut être dans dix, vous ne serez qu’un amas d’ossements disposés en rangées à El-Alia. Mais en attendant la délivrance, nous devons supporter encore vos gueules exécrables.

Je suis curieux de voir, messieurs, si vous frissonnez en souvenir des cris aigus qui jaillissaient de la gorge de vos suppliciés. Vous conviendrez avec moi, qu’un dirigeant devrait avoir d’autres préoccupations autrement moins ignobles que les interminables séances de torture qu’on organise dans vos centres de détentions secrets. Regardez du côté de la Kabylie, les cimetières regorgeant de victimes de l’État criminel que vous incarnez. Souvenez-vous des 126 jeunes fauchés à la fleur de l’âge par des balles explosives en avril 2001. Rappelez-vous les 400 morts de 1963 et la répression du 20 avril 1980. Arrivez-vous à dormir, messieurs, après tant de crimes et de monstruosités ?

Faites un tour du côté de Bentalha, de Raîs et ou d’Ouled El-Alaïg. Allez-y, le sang n’a pas encore séché sur les pavés. Vous y trouverez les stigmates des gorges tranchées, des bébés brûlés et des femmes éventrées. Terrorisme dites-vous ? Je vous concède volontiers ce constat, mais c’est oublier que l’État est garant de la sécurité des biens et des personnes. Oui, vous êtes coupables messieurs. Regardez du côté de Galilée, à quelques encablures de la Présidence de la République et vous verrez des mères de disparus étranglées par le chagrin. Chaque mercredi, qu’il pleuve ou qu’il vente, elles sont là, en quête de la vérité sur leurs fils kidnappés par vos barbouzes. Elles sont affligées et accablées par plus de dix ans d’attente sans que vous daigniez leur montrer le charnier dans lequel vous avez enseveli les corps de leurs enfants. Elles ne demandent rien d’autre que leur droit de faire le deuil de leur fils dans le recueillement et la dignité. Terroristes dites-vous ? Sachez, messieurs les dirigeants, que même les terroristes, aussi sanguinaires soient-ils, ont droit à un certificat de décès et à deux mètres carrés de terre dans un cimetière.

Partez donc, nous vous pardonnerons vos lâchetés et nous oublierons vos imperfections. Nous pardonnerons à tous ceux qui, poussés par leur stupidité, nous ont persécutés et ruinés. Partez et nous pardonnerons à tous ceux qui, mus par leur cupidité, nous ont appauvris. Partez et vous ne serez ni haïs ni lapidés. Partez et je n’irai pas, comme Boris Vian, cracher sur vos tombes. Le peuple Algérien, désabusé, n’attend rien de vous ni quoi que se soit d’un régime équipé pour le mensonge, la corruption, le mépris, la répression et les liquidations physiques. Partez et, dans une année ou deux, vous ne serez qu’un vague souvenir gravé dans la mémoire blessée des Algériens. Partez pour qu’on puisse enfin instaurer une culture de responsabilité. Partez et on palliera votre sous-développement politique en organisant, pour une fois dans l‘histoire de l‘Algérie, des élections libres et transparentes. Partez pour qu’on puisse mettre un terme aux bricolages historiques, aux mensonges, au négationnisme et aux pratiques abjectes charriées par quarante ans de régime liberticide. Partez et nous pardonnerons à tous sauf à ceux qui ont trahi l’Algérie pour plaire à leurs maîtres de l’autre côté de la Méditerranée. L’Histoire donnera à chacun ce qu’il méritera.

Voyez le sort de Saddam Hussein, avili et humilié. Regardez ce qu’est devenue son image de héros brodée durant des années de règne sans partage. Observez, bon sang, le côté honteux des dictateurs. Méditez l’aventure criminelle du général Augusto Pinochet. Souvenez-vous du sanguinaire Milosevic, du maréchal Mobutu, du tyran Bokassa, du seigneur Gnassingbé Eyadema.

Il ne restera dans la rivière que ses galets.

Ahmed Benchabane, Montréal

- Par Ahmed Benchabane
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Samedi 9 février 2008

Balintawak, le cri de la liberté

 

Balintawak, le cri de la lberte, sort en librairie le 16 fevrier . Ce roman raconte en utilisant tour a tour le recit et l'allegorie l'histoire de l’Algérie de 1880 a 1962.

Je n’ai pas voulu traiter  de maniere chronologique l'histoire de la colonisation et de la guerre d'independance pour éviter de raviver des blessures et des rancunes que nous voyons s'exprimer a vif encore aujourd'hui  et aussi parce que pour moi l’Algérie ce était pas uniquement les Pieds noirs mais aussi les Kabyles et les Arabes et que je ne pouvais pas parler au nom de ces deux dernieres communautés. Le fil conducteur du recit est celui la meme que j'assigne a ce blog, montrer que dans l'histoire de l'Algerie, les Pieds noirs ont ete tout a la fois les instruments et les victimes de la colonisation. En fait, le vrai probleme de cette histoire douloureuse qui se fait jour peu a peu dans la conscience de nombreux acteurs c'est que les Pieds noirs etaient des Algeriens plutot que des Francais mais qu'il n'en ont pas tire les conclusions qui s'imposaient. Cette affirmation pourra choquer certains lecteurs.Permettez moi pour l'illustrer, de reproduire ici des echanges publies sur un forum :

Mon post:
 Oui, de tres nombreuses mairies etaient  detenues par la gauche en Algerie avant l'independance.. Les communistes, comme toujours, ont ete a cote de la plaque. Avant la guerre de 40, ils defendaient une evolution du statut algerien.  Mais, avec la montee du danger de guerre contre l'Allemagne, l'URSS  lanca une campagne d'alliance avec les radicaux socialistes contre les partis d'extreme droite ce qui  eut des consequences en Algerie ou ce parti etait un parti d'essence colonialiste .  A cette epoque, Camus qui, comme beucoup de jeunes Pnoirs, ressentait de la sympathie pour le parti communiste, dirigeait le Theatre du peuple qui se voulait le theatre des Arabes, des Berberes et des Pnoirs reunis .  Son refus d'obeir a l'injonction du parti communiste de changer d'orientation, le conduisit a demissionner. Apres la guerre, dans laquelle Pnoirs et arabo berberes avaient combattu cote a cote une evolution etait possible  mais il aurait fallu pour cela que les Pnoirs qui ne beneficiaient pas directement de la manne coloniale et qui considereaient que leur pays c'etait l'Algerie et pas la France se rapprochent des Algeriens pour parler d'un avenir commun. La France n'aurait pas voulu de cet accord et elle aurait essaye de l'empecher mais elle n'y serait pas parvenue a mon avis .Pour cela il aurait peut etre  fallu attendre dix ans encore. Rares etaient a cette epoque les gens comme moi et mon petit groupe de copains capables de dire, j'aime la France mais j'aime l'Algerie plus que la France, de dire comme les latino americains l'Espagne est la mere patrie mais notre patrie c'est le  Mexique, le Chili   etc. J'entends deje pousser de cris d'orfraie. Mais que signifiait la Patrie francaise pour tous ces Pieds noirs qui vivaient en Algerie depuis deux ou trois generations et n'avaient jamais mis le pied en France avant 1962? Un mythe tout simplement et ils s'en sont vite apercus en posant le pied a Marseille.

Reponse d'un Pnoir:
 A Oran beaucoup d'espagnols n'étaient-ils pas des républicains, communistes aussi pour beaucoup, ayant fuit l'Espagne franquiste ? N'ont ils pas constitués plus tard l'ossature de l'OAS ? L'OAS était bien implantée dans les quartiers populaires des villes d'Algérie. Elle constituait la lutte du petit peuple pour sa survie
Les Pieds Noirs votent Le Pen ? Beaucoup surtout pour emm***** les français.
 
"Rares etaient a cette epoque les gens comme moi et mon petit groupe de copains capables de dire, j'aime la France mais j'aime l'Algerie plus que la France, dire comme les latino americains l'Espagne est la mere patrie mais notre patrie c'est le  Mexique, le Chili   etc J'entends deje pousser de cris d'orfraie. Mais que signifiait la Patrie francaise pour tous ces Pieds noirs qui vivaient en Algerie depuis deux ou trois generations et n'avaient jamais mis le pied en France avant 1962? Un mythe toutsimplement et ils s'en sont vite apercus en posant le pied a Marseille."
 
Tout a fait d'accord avec vous, les PN étaient et sont toujours ultracocardiers, qu'avions nous et qu'avons nous de français finalement ? Nous n'arrivons pas à nous reconnaître dans ce pays, ce pays ne nous aime pas ! savez vous qu'il a existé des mouvements autonomistes et séparatistes chez les français d'Algérie ? déjà en 1871 on a failli arriver à la création d'un dominion. Avez vous lu le formidable livre d'A. Loesch "La valise et le cercueil" paru en 63 et qui aborde ce théme ?
Alors qu'aurait-il fallu faire ? Pour répondre à moh babeloued le FLN n'aurait pas du s'attaquer à la population civile européenne mais uniquement aux militaires et laisser les européens prendre leur responsabilité en tant qu'algériens. Les violences barbares envers les civils européens de la part du FLN ont signifié qu'on ne voulait pas d'eux dans une Algérie future.Aujourd'hui je considère que nous n'avons plus de pays sinon ça se serait su par l'acceuil, la considération, la solidarité de la majorité du peuple français alors que nous ne récoltons qu'insultes et mépris. Alors je vais vous dire et vous faire bondir, algériens et pieds noirs ont en commun d'avoir été les victimes du colonialisme français.

Commentaire d'un nationaliste algerien:

Cette phrase "algériens et pieds noirs ont en commun d'avoir été les victimes du colonialisme français."
 
je l'ai déjà entendue au début des années 70, elle a été prononcé par Boumedienne devant un parterre d'une centaine d'étudiants dans un amphithéatre de l'université d'Alger.
 


Deux histoires se croisent donc dans Balintawak, le cri de la liberte et se répondent de page en page : celle de la guerre d’indépendance des Philippines de 1896 á 1898 vue par les yeux d’un jeune volontaire Pied noir de l’armée espagnole qui préfigure la guerre d’Algérie et la saga dúne famille de petits colons. Ce livre essaie de rendre hommage á tous les batisseurs de pays qui quittérent un jour leur patrie pour tenter de vivre mieux ou par esprit d’aventure et á tous les combattants de la liberté sans exception. C’est aussi un chant de l’utopie, le reve de ce que nous aurions pu faire ensemble Pieds noirs et Algeriens de ce pays mais c’est surtout un chant d’amour á l’Algérie. On peut le commander dans toutes les librairies en indiquant le nom de l’auteur, Emile Martinez, le titre, Balintawak, le cri de la liberté et le no ISBN, 978-2-916685-13-7 ou directement sur le site de l’éditeur PIETRA LIUZZO qui expédie a l’étranger.

 

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Publié dans : Images de l'Algérie coloniale... - Communauté : Pieds-noirs du monde entier - Par Balintawak
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Mardi 5 février 2008
Le vent de l’histoire pousse les pêcheurs hors d’Algérie


Pour sauver leur outil de travail, ils ont traversé la Méditerranée à bord de leur chalutier.
Dans un mouvement d’ensemble, l’épaule collée contre la coque, des pêcheurs poussent deux bateaux à la mer. De l’eau, du fuel, des filets, des pièces de rechange et quelques valises de linge ont été chargés à bord. Ce 5 juin 1962, le Saint-Joseph et le Saint-Antoine vont quitter la plage de Bou-Haroun. Des quatorze petits chalutiers qu’abrite ce village situé à l’ouest d’Alger, ils sont les premiers à tenter la traversée de la Méditerranée. Du haut de la falaise, les habitants les regardent sortir de l’anse, puis s’éloigner. Habitués à la pêche côtière, les deux patrons et leur équipage ne possèdent ni carte, ni instrument de navigation. Ils mettent cap au nord, se repèrent le jour au soleil, la nuit aux étoiles. Mais les courants les font dériver. Croyant arriver à Palma de Majorque, ils accostent à Ibiza, reprennent la route jusqu’à Barcelone, s’y ravitaillent et repartent. Une tempête se lève, les lames menacent les bateaux. Les pêcheurs perdent le nord, tournent en rond, se croient définitivement perdus. Ils réussiront enfin à rallier Port-la-Nouvelle.

Comme ces pêcheurs de Bou-Haroun, beaucoup d’autres partent à bord de leur bateau, entreprennent ce périlleux voyage de deux à six jours, unique moyen de sauver leur outil de travail. Cet été 62, les quais des dix-huit ports d’Algérie se vident peu à peu. En juillet à Alger, le môle Jérôme Tarting est fermé : tous les chalutiers l’ont déserté. Profitant de la présence des blindés de l’armée qui bloquent les accès de la ville de Cherchell, Paul di Maïo, conseiller municipal, président du football club et patron-pêcheur, embarque famille et clandestins, dix-sept personnes en tout, sur son Nadal II, un chalutier de plus de vingt mètres : « On a détaché les amarres en vitesse, et on est parti ». Une traversée décidée dans l’urgence : « La vie était devenue trop dangereuse : enlèvements, attentats, réglements de comptes. Pourtant, deux ou trois jours avant, on ne voulait pas croire au départ » , se souvient-il. Rien à bord, pas même une provision d’eau. Après vingt-quatre heures d’une navigation difficile, à la boussole, « sur une mer déchaînée, le bateau prenait l’eau de toutes parts, on écopait sans cesse avec des bidons, les couchettes étaient noyées » , le Nadal II mouille enfin à Palma de Majorque. Il y reste coincé trois jours à cause du mauvais temps. Des habitants prennent pitié de ces rescapés venus d’Algérie et leur offrent galettes et café. Paul di Maïo reprend enfin sa route, longe les côtes, passe Port-Vendres et continue vers Sète, sa destination.

A l’arrivée, le commandant du port, étonné par l’exploit maritime, lui déclare : « Vous êtes comme les pigeons voyageurs, vous trouvez toujours votre route » . Mais cette grande famille de pêcheurs d’origine italienne installée à Cherchell depuis 1852 n’est pas au bout de ses peines. A Sète, l’accueil n’est pas des plus chaleureux : les prix des locations flambent, leurs cadres arrivés à Marseille ont été trempés dans l’eau par les dockers, la vaisselle et l’argenterie ont disparu des cantines. Et surtout les pêcheurs du cru voient d’un mauvais oeil ces nouveaux arrivants, avec leur chalutier au moteur puissant, qui n’hésitent pas à aller pêcher dans les grands fonds. « Ils nous barraient l’entrée du port, jetaient notre pêche à la mer » , raconte Jean-Paul di Maïo, le fils, aujourd’hui patron-pêcheur et mareyeur. Quarante ans plus tard, ils sont toujours à Sète. Mais à Cherchell, on parle encore d’eux : là-bas, une bonne pêche s’appelle une "di Maïo".

Anne-Marie SCHALLER (ML)
 

 

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