Balintawak, le cri de la lberte, sort en librairie le 16 fevrier . Ce roman raconte en utilisant tour a tour le recit et l'allegorie l'histoire de l’Algérie de 1880 a 1962.
Je n’ai pas voulu traiter de maniere chronologique l'histoire de la colonisation et de la guerre d'independance pour éviter de raviver des blessures et des rancunes que nous voyons
s'exprimer a vif encore aujourd'hui et aussi parce que pour moi l’Algérie ce était pas uniquement les Pieds noirs mais aussi les Kabyles et les Arabes et que je ne pouvais pas
parler au nom de ces deux dernieres communautés. Le fil conducteur du recit est celui la meme que j'assigne a ce blog, montrer que dans l'histoire de l'Algerie, les Pieds noirs ont ete
tout a la fois les instruments et les victimes de la colonisation. En fait, le vrai probleme de cette histoire douloureuse qui se fait jour peu a peu dans la conscience de nombreux acteurs
c'est que les Pieds noirs etaient des Algeriens plutot que des Francais mais qu'il n'en ont pas tire les conclusions qui s'imposaient. Cette affirmation pourra choquer certains
lecteurs.Permettez moi pour l'illustrer, de reproduire ici des echanges publies sur un forum :
Mon post:
Oui, de tres nombreuses mairies etaient detenues par la gauche en Algerie avant l'independance.. Les communistes, comme toujours, ont ete a cote de la plaque. Avant la guerre de
40, ils defendaient une evolution du statut algerien. Mais, avec la montee du danger de guerre contre l'Allemagne, l'URSS lanca une campagne d'alliance avec les radicaux socialistes
contre les partis d'extreme droite ce qui eut des consequences en Algerie ou ce parti etait un parti d'essence colonialiste . A cette epoque, Camus qui, comme beucoup de jeunes
Pnoirs, ressentait de la sympathie pour le parti communiste, dirigeait le Theatre du peuple qui se voulait le theatre des Arabes, des Berberes et des Pnoirs reunis . Son refus d'obeir a
l'injonction du parti communiste de changer d'orientation, le conduisit a demissionner. Apres la guerre, dans laquelle Pnoirs et arabo berberes avaient combattu cote a cote une evolution etait
possible mais il aurait fallu pour cela que les Pnoirs qui ne beneficiaient pas directement de la manne coloniale et qui considereaient que leur pays c'etait l'Algerie et pas la France se
rapprochent des Algeriens pour parler d'un avenir commun. La France n'aurait pas voulu de cet accord et elle aurait essaye de l'empecher mais elle n'y serait pas parvenue a mon avis .Pour cela
il aurait peut etre fallu attendre dix ans encore. Rares etaient a cette epoque les gens comme moi et mon petit groupe de copains capables de dire, j'aime la France mais j'aime l'Algerie
plus que la France, de dire comme les latino americains l'Espagne est la mere patrie mais notre patrie c'est le Mexique, le Chili etc. J'entends deje pousser de cris d'orfraie.
Mais que signifiait la Patrie francaise pour tous ces Pieds noirs qui vivaient en Algerie depuis deux ou trois generations et n'avaient jamais mis le pied en France avant 1962? Un mythe
tout simplement et ils s'en sont vite apercus en posant le pied a Marseille.
Reponse d'un Pnoir:
A Oran beaucoup d'espagnols n'étaient-ils pas des républicains, communistes aussi pour beaucoup, ayant fuit l'Espagne franquiste ? N'ont ils pas constitués plus tard l'ossature de
l'OAS ? L'OAS était bien implantée dans les quartiers populaires des villes d'Algérie. Elle constituait la lutte du petit peuple pour sa survie
Les Pieds Noirs votent Le Pen ? Beaucoup surtout pour emm***** les français.
"Rares etaient a cette epoque les gens comme moi et mon petit groupe de copains capables de dire, j'aime la France mais j'aime l'Algerie plus que la France, dire comme les latino americains
l'Espagne est la mere patrie mais notre patrie c'est le Mexique, le Chili etc J'entends deje pousser de cris d'orfraie. Mais que signifiait la Patrie francaise pour tous ces Pieds
noirs qui vivaient en Algerie depuis deux ou trois generations et n'avaient jamais mis le pied en France avant 1962? Un mythe toutsimplement et ils s'en sont vite apercus en posant le pied a
Marseille."
Tout a fait d'accord avec vous, les PN étaient et sont toujours ultracocardiers, qu'avions nous et qu'avons nous de français finalement ? Nous n'arrivons pas à nous reconnaître dans ce pays, ce
pays ne nous aime pas ! savez vous qu'il a existé des mouvements autonomistes et séparatistes chez les français d'Algérie ? déjà en 1871 on a failli arriver à la création d'un dominion. Avez
vous lu le formidable livre d'A. Loesch "La valise et le cercueil" paru en 63 et qui aborde ce théme ?
Alors qu'aurait-il fallu faire ? Pour répondre à moh babeloued le FLN n'aurait pas du s'attaquer à la population civile européenne mais uniquement aux militaires et laisser les européens
prendre leur responsabilité en tant qu'algériens. Les violences barbares envers les civils européens de la part du FLN ont signifié qu'on ne voulait pas d'eux dans une Algérie
future.Aujourd'hui je considère que nous n'avons plus de pays sinon ça se serait su par l'acceuil, la considération, la solidarité de la majorité du peuple français alors que nous ne récoltons
qu'insultes et mépris. Alors je vais vous dire et vous faire bondir, algériens et pieds noirs ont en commun d'avoir été les victimes du colonialisme français.
Commentaire d'un nationaliste algerien:
Cette phrase "algériens et pieds noirs ont en commun d'avoir été les victimes du colonialisme français."
je l'ai déjà entendue au début des années 70, elle a été prononcé par Boumedienne devant un parterre d'une centaine d'étudiants dans un amphithéatre de l'université
d'Alger.
Deux histoires se croisent donc dans Balintawak, le cri de la liberte et se répondent de page en page : celle de la guerre d’indépendance des Philippines de 1896 á 1898 vue par les yeux
d’un jeune volontaire Pied noir de l’armée espagnole qui préfigure la guerre d’Algérie et la saga dúne famille de petits colons. Ce livre essaie de rendre hommage á tous les batisseurs de
pays qui quittérent un jour leur patrie pour tenter de vivre mieux ou par esprit d’aventure et á tous les combattants de la liberté sans exception. C’est aussi un chant de l’utopie, le reve de
ce que nous aurions pu faire ensemble Pieds noirs et Algeriens de ce pays mais c’est surtout un chant d’amour á l’Algérie. On peut le commander dans toutes les librairies en indiquant le
nom de l’auteur, Emile Martinez, le titre, Balintawak, le cri de la liberté et le no ISBN, 978-2-916685-13-7 ou directement sur le site de l’éditeur PIETRA LIUZZO qui expédie a l’étranger.
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